Faux abonnés, fermes de clics… : L’ANIRA épingle l’audience des chaînes télés

 

L’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel a publié hier mardi un communiqué mettant en garde contre la diffusion de classements et listes de chaînes ou d’œuvres artistiques présentées comme « les plus regardées », sans recours à des outils de mesure agréés. L’institution a annoncé qu’elle prendra les mesures réglementaires nécessaires face à ces pratiques.
Dans son communiqué, l’Autorité attire l’attention des acteurs du paysage médiatique et publicitaire sur des comportements susceptibles de nuire à la transparence et à la crédibilité du secteur.
La régulation constate avec inquiétude la multiplication de pratiques visant à gonfler artificiellement les indicateurs d’audience et d’interaction sur les plateformes numériques. Ces méthodes incluent l’achat de faux abonnés ou le recours à des « fermes de clics », créant une image trompeuse du véritable public.
Selon l’Autorité, ces procédés ne sont pas de simples manipulations techniques : ils faussent la transparence du marché publicitaire, induisent en erreur les annonceurs et entraînent un gaspillage de ressources financières, tout en sapant la confiance dans l’environnement médiatique.
La publication de données non fiables sur les audiences peut être assimilée à de la publicité mensongère, interdite par l’article 51 du cahier des charges. Elle porte atteinte aux principes de concurrence loyale, que l’Autorité s’engage à protéger. La vigilance est particulièrement renforcée durant les périodes de forte activité publicitaire, comme le mois de Ramadan.
L’Autorité souligne qu’en l’absence d’une institution nationale agréée pour mesurer les audiences selon des standards scientifiques unifiés, les chiffres actuellement diffusés ne peuvent être considérés comme des références fiables. Ils sont souvent utilisés pour justifier la hausse des tarifs publicitaires ou exercer une pression commerciale injustifiée sur les annonceurs.
Les prestataires de services audiovisuels, y compris ceux actifs en ligne, sont tenus de respecter l’article 41 du décret exécutif n°24-250, qui limite la publication des taux d’audience aux données émanant d’organismes spécialisés et agréés. Toute diffusion de chiffres non validés constitue une forme de désinformation à l’égard du public et des acteurs économiques.
L’Autorité place la protection du consommateur et la confiance dans l’environnement médiatique au cœur de ses priorités. Elle appelle les chaînes de télévision, agences publicitaires et autres acteurs du secteur à faire preuve de responsabilité professionnelle, en respectant les règles de transparence et d’intégrité.
Enfin, elle conclut en affirmant qu’elle prendra, à la suite de ce communiqué, les mesures réglementaires nécessaires contre tout dépassement ou infraction, que ce soit sur les écrans ou via les plateformes numériques.
G. Salima

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