Narcotrafic : Un baron des années 2000 devant les juges

Rattrapé par une affaire portant sur 2 180 kg de drogue, le dénommé B. Abdellatif a comparu devant le tribunal criminel de la Cour d’Oran. Suite aux délibérations, la peine de vingt ans de réclusion criminelle a été retenue contre lui, confirmant ainsi le verdict prononcé en première instance. Il importe de souligner que ce prévenu avait été cité dans l’une des plus importantes affaires de trafic de stupéfiants, à savoir la saisie d’une quantité massive de kif au niveau du port sec de Rouiba.
Les faits remontent au 27 juin 2007, soit il y a près de vingt ans. À cette époque, les services de police d’Oran avaient intercepté cette cargaison transportée par un camion et dissimulée sous des caisses d’oignons.
Selon les éléments de l’enquête, une information était parvenue aux services de lutte contre le narcotrafic concernant le dénommé « L. Ghali », résidant au douar Belgaïd. Les enquêteurs ont rapidement remarqué un manège suspect aux abords du domicile de ce dernier. Lors de cette surveillance, le mis en cause a été aperçu à bord d’un véhicule blanc de marque Hyundai, empruntant une piste. S’il s’est brièvement arrêté à la vue des éléments de la gendarmerie, il a toutefois repris son chemin jusqu’à son domicile où l’attendait le dénommé T. Kada, alias «L’Empereur », un redoutable trafiquant de kif.

Plusieurs pièces à conviction

Peu après, trois personnes à bord d’une Mégane sont sorties de cette demeure pour effectuer une reconnaissance de la route. Aux environs de 21 heures, après le retour de la Mégane, un camion K.120 immatriculé dans l’Est du pays et rempli d’oignons a quitté la maison pour s’engager sur l’autoroute. Alors que la même Mégane lui ouvrait la voie, le convoi s’est dirigé vers la commune d’Es Senia, où les policiers étaient en embuscade. Le camion, conduit par B. Foued et S. Adel, a été intercepté et la drogue saisie, bien que la Mégane ait réussi à prendre la fuite. Confronté aux faits, S. Adel a reconnu son implication dans ce trafic aux côtés de son frère Salah, de B. Mehdi et de B. Fouad. Il a avoué avoir déjà transporté d’autres quantités de kif importées du Maroc vers Oran, puis vers Blida et Barika.
Le prévenu a précisé qu’il récupérait les stupéfiants sur la route menant d’Es Senia vers Misserghine. Un certain « Mouh » lui remettait des cargaisons dépassant les 100 kg, pour lesquelles il percevait la somme de 100 000 DA par opération. Cette route était, dans les années 2000, un axe très emprunté par les trafiquants. Quant à la seconde personne arrêtée dans le camion, elle a reconnu les faits et confirmé les déclarations de son complice, précisant qu’une quantité de 15 quintaux de kif avait déjà été acheminée auparavant. Elle a également cité le reste du réseau, dont le prévenu jugé ce jour, ainsi que les dénommés T. Kada et A. Mohamed, dit « Pokémon », lequel gérait le trafic depuis le Maroc.
Selon ces mêmes déclarations, B. Abdellatif conditionnait la drogue à Blida, au sein d’une entreprise de marbre à l’arrêt. Le site servait de base de stockage pour des produits alimentaires, des conserves et de la viande congelée. Alors qu’il était en fuite, le domicile de B. Abdellatif a été perquisitionné en présence de son épouse. Plusieurs pièces à conviction y ont été découvertes, notamment des rouleaux de plastique servant au conditionnement, ainsi que des cachets humides et des dateurs utilisés pour falsifier les documents administratifs des membres du réseau.
À la barre, B. Abdellatif a nié l’ensemble des accusations, soutenant qu’il n’avait jamais été arrêté en possession de drogue et que ces incriminations n’étaient que de simples dénonciations. Toutefois, les preuves retenues contre lui ont été jugées suffisantes. Le parquet a requis vingt ans de réclusion criminelle, tandis que la défense a plaidé la non-culpabilité en s’appuyant sur les dénégations de son client.
Zemmouri L.

Bouton retour en haut de la page