Absence de monnaie chez les commerçants : L’APOCE tire la sonnette d’alarme

L’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur (APOCE) alerte sur la banalisation du refus de rendre la monnaie, une pratique désormais bien installée dans les transactions quotidiennes, souvent justifiée par une formule devenue presque anodine : « Je n’ai pas de monnaie… débrouillez-vous ».
Dans un communiqué diffusé sur ses réseaux sociaux, l’organisation appelle les consommateurs à ne pas céder à ce qu’elle considère comme une dérive, et à faire valoir pleinement leurs droits, notamment face à certains commerçants, chauffeurs de taxi ou opérateurs du transport public.
Car sur le plan légal, le cadre est sans ambiguïté. La loi n° 09-03 relative à la protection du consommateur impose à tout professionnel de respecter les prix affichés et de restituer intégralement la monnaie au client, quel que soit le montant.
Dans les faits, toutefois, les pratiques observées s’en éloignent sensiblement. Nombre d’usagers se retrouvent contraints d’abandonner leur monnaie ou d’accepter l’achat de produits dont ils n’ont nul besoin, confiseries ou articles de faible valeur, pour « équilibrer » la transaction. Une situation que l’APOCE assimile à un contournement de la réglementation.
Le phénomène est particulièrement perceptible aux premières heures de la journée, lorsque les citoyens ne disposent que de billets de 500, 1 000 ou 2 000 dinars. Dans ces conditions, l’accès aux transports en commun ou aux taxis devient souvent source de tensions.
Dans les commerces également, certaines petites sommes – parfois de 5 ou 10 dinars – ne sont pas restituées, sous couvert d’absence de monnaie. Pour l’organisation, ces pratiques relèvent d’une forme d’abus et participent à l’érosion progressive de la confiance entre consommateurs et professionnels.
L’APOCE rappelle que le consommateur n’est nullement tenu de chercher de la monnaie ni d’accepter un substitut imposé. Elle invite à signaler ces agissements auprès des services du commerce ou via ses propres canaux, notamment le numéro court 3311 et la plateforme « Ichki ».
Tout en dénonçant un phénomène « en expansion », l’organisation souligne que ces pratiques constituent une infraction passible de sanctions, allant de l’amende à des mesures administratives.
K.B
