Affaire des 208 millions en faux billets: 12 ans pour deux accusés en appel
Le tribunal criminel d’appel a rendu son verdict dans une affaire de trafic de faux billets, condamnant K. Tahar et B. A.E.K. à 12 ans de réclusion criminelle. Trois autres individus, initialement poursuivis dans le cadre de cette même affaire, ont été acquittés.
L’affaire débute le 11 décembre 2022 lorsqu’un chauffeur de taxi se présente au commissariat de Bir El Djir où il raconte qu’un client, accompagné d’une femme récupérée à El Yasmine pour une course vers le Centre-ville, l’a payé avec un billet de 2000 DA suspect. Ce n’est que le lendemain, au moment de faire ses courses, que le conducteur réalise la supercherie. Entre-temps, un contact téléphonique avait été échangé durant le trajet.
Sollicité par les enquêteurs pour une opération d’infiltration, le chauffeur de taxi recontacte le suspect. Simulant un intérêt pour le trafic, il lui propose de participer à la distribution des fausses coupures en échange d’une commission. Un rendez-vous est alors fixé : le chauffeur demande à acquérir 20 millions de centimes en faux billets contre 82 000 DA en vrais billets.
L’interpellation est organisée à la Cité Djamel. Cependant, lors de l’intervention, le chauffeur de taxi constate que l’homme présent au rendez-vous n’est pas son client initial de Haï El Yasmine. Il s’agit en réalité d’un intermédiaire, H. Mokhtar, dit « Slita ». Ce dernier affirme aux policiers avoir été envoyé par un certain B. A.E.K. pour récupérer une somme d’argent. Il précise que son commanditaire réside dans une chambre sur la terrasse d’un immeuble du quartier Saint-Pierre et qu’il est connu pour ses dépenses extravagantes dans les discothèques de la corniche oranaise.
Grâce à un nouveau stratagème consistant à simuler un accident de la circulation et une hospitalisation d’urgence au CHU d’Oran, les policiers parviennent à attirer B. A.E.K. et à l’interpeller. Pressé de questions, celui-ci dénonce son complice et indique sa planque située avenue Chakib Arslan (anciennement Protin). La perquisition menée sur les lieux s’avère fructueuse : les enquêteurs saisissent 1040 fausses coupures de 2000 DA, soit l’équivalent de 208 millions de centimes en faux billets, ainsi qu’une imprimante Epson et un scanner.
Confronté aux preuves, le second suspect passe aux aveux. L’enquête se poursuit et débouche sur l’arrestation de trois autres personnes. Devant la barre du tribunal criminel, les deux principaux accusés ont toutefois tenté de se rétracter, affirmant avoir été contraints lors de leurs premières dépositions. K. Tahar a notamment soutenu que les billets avaient été imprimés dans l’unique but de servir d’accessoires pour des vidéos sur le réseau social TikTok, niant toute volonté de mise en circulation.
Une ligne de défense qui n’a pas convaincu la Cour, face à la gravité des faits. Bien que le parquet ait requis une peine de 20 ans de réclusion, le tribunal a finalement condamné les deux principaux protagonistes à 12 ans de réclusion criminelle.
Zemmouri. L