Nouvelles formes de menaces : Cyberattaques et guerres de l’ombre

Le chercheur en affaires stratégiques, Dr Rachid Allouche, a affirmé dimanche que la protection des infrastructures vitales et des installations sensibles constitue un choix stratégique et rationnel, au cœur du système de défense nationale et de sécurité globale.
Cette approche rejoint les orientations exprimées récemment par le Général d’Armée Saïd Chanegriha lors d’un colloque national consacré à la protection des infrastructures face aux nouvelles menaces. Dans son allocution, le chef d’État-major de l’ANP a rappelé que ces infrastructures ne sont plus de simples actifs économiques, mais de véritables « artères de vie » irriguant l’État moderne. Leur rôle dépasse la production et le transport : elles conditionnent la stabilité nationale et la sécurité globale.
Invité de la Radio nationale, Allouche a souligné que le renforcement de la vigilance stratégique est devenu indispensable dans un contexte mondial marqué par des alliances mouvantes, une baisse de confiance entre États et une montée du recours à la force dans les relations internationales. Il a rappelé que de nombreux pays adoptent désormais des stratégies flexibles et rapides pour s’adapter à l’imprévisibilité des évolutions politiques.
Selon lui, la réponse à ces défis exige une planification anticipative, une capacité d’adaptation et une coordination accrue entre les institutions sécuritaires, diplomatiques et économiques. Il a également mis en garde contre l’affaiblissement du droit international et des organisations multilatérales, qui accentue les risques sécuritaires et pousse les États à compter davantage sur leurs propres moyens.
Allouche a insisté sur l’importance des colloques organisés par l’Armée nationale populaire, qui ne sont pas de simples rencontres formelles mais de véritables plateformes de sensibilisation et de coordination. Ces événements permettent de renforcer la coopération entre secteurs stratégiques tels que l’énergie, les transports et les télécommunications, d’échanger des expertises et de mettre en place des plans communs de gestion des crises.
Le chercheur a rappelé que les guerres modernes ne se limitent plus aux affrontements militaires classiques. Les infrastructures vitales – réseaux énergétiques, systèmes de communication – sont désormais des cibles privilégiées dans ce qu’il appelle les « guerres de l’ombre » ou asymétriques. Les conflits récents, comme en Ukraine ou au Moyen-Orient, ont montré que la paralysie d’un pays peut être obtenue par l’attaque de ses infrastructures sans confrontation directe.
Allouche a également alerté sur les menaces en temps de paix, notamment les cyberattaques et l’utilisation de technologies avancées comme l’intelligence artificielle dans des opérations de sabotage. Ces évolutions rendent plus difficile l’identification des auteurs et exigent une approche globale, préventive et inclusive, impliquant aussi bien les secteurs publics que privés.
G. Salima