Cinquième colonne, Mali, pape, EAU, sous-facturation…: La masterclass de Tebboune face à la presse

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a rencontré ce samedi la presse nationale dans le cadre de son entretien périodique. Durant cette rencontre, il a abordé les grands dossiers de l’heure : la situation économique et sociale, la préparation des élections législatives, la lutte contre la fraude commerciale et les positions diplomatiques de l’Algérie sur les crises régionales et internationales.
Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de protéger le citoyen contre la flambée des prix, en particulier dans le secteur agricole. Selon lui, les hausses constatées sont liées à deux facteurs : les aléas climatiques, qui ont perturbé les récoltes, et la spéculation. « Celui qui prive le citoyen de sa nourriture doit être puni », a-t-il martelé, appelant la justice à sévir contre les spéculateurs.
À l’approche de l’Aïd El-Adha, il a également mis en garde contre toute manipulation des prix du bétail, rappelant que l’État engage des ressources pour stabiliser le marché, notamment via l’importation de cheptel.
Tebboune a révélé que l’Algérie a perdu près de 350 millions de dollars à cause de la sous-facturation des exportations. Après avoir combattu la surfacturation, il a dénoncé l’émergence de nouveaux réseaux frauduleux exploitant la sous-facturation pour détourner des devises.
Par ailleurs, et à l’approche des élections législatives du 2 juillet 2026, le président a réaffirmé son engagement pour un scrutin transparent. « J’interdis formellement toute immixtion de l’administration dans le fond des élections », a-t-il déclaré.
Sur le plan extérieur, Tebboune a qualifié la récente visite du pape Léon XIV en Algérie de tournant historique, affirmant qu’elle a « mis fin au mythe entretenu par l’ancien colonisateur » selon lequel l’Algérie serait une création française. Le pape a reconnu l’enracinement historique du pays, remontant à saint Augustin. Une ambassade du Vatican ouvrira prochainement à Alger.
Concernant le Mali, Tebboune a réaffirmé la non-ingérence algérienne, tout en distinguant le chef de la transition Assimi Goïta de son entourage jugé hostile. Il a rappelé que l’Algérie reste prête à jouer un rôle de médiation si Bamako en exprime le besoin.
Sur le Sahara occidental et la Palestine, il a réitéré le soutien de l’Algérie au droit à l’autodétermination et à la cause palestinienne, considérée comme centrale dans la diplomatie nationale. Enfin, il a minimisé l’impact du retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP, qualifiant cette décision de « non-événement », rappelant que le pilier de l’organisation reste l’Arabie saoudite.
Interrogé sur l’état des libertés, Tebboune a dénoncé « certains relais de la cinquième colonne » instrumentalisés par des parties étrangères pour diviser la société. Il a réaffirmé son engagement à protéger l’unité nationale et les constantes de l’identité algérienne : islam, amazighité et arabité.
G. Salima