Rencontre périodique du président de la République avec la presse nationale: Des messages forts pour l’intérieur et l’extérieur

Le professeur universitaire et analyste politique Mustapha Bourzama a estimé, hier dimanche, que la rencontre périodique du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avec la presse nationale a constitué une nouvelle occasion d’adresser des messages « forts » à l’intérieur comme à l’extérieur.
Invité de la Chaîne 1 sur la Radio nationale, Bourzama a rappelé que le président Tebboune a réaffirmé l’engagement de l’État à organiser des élections législatives « propres et transparentes ». La garantie essentielle, selon lui, réside dans l’interdiction totale de l’intervention de l’administration dans le processus électoral. Le président a également insisté sur le principe de souveraineté et d’indépendance politique, considérés comme des lignes rouges.
À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le président a lancé un appel aux médias nationaux pour qu’ils privilégient l’exactitude et la vérification des informations. Bourzama a souligné que le chef de l’État a mis en garde contre les « laboratoires » qui fabriquent et manipulent les nouvelles, invitant les journalistes à être plus vigilants face aux enjeux régionaux et aux turbulences géopolitiques internationales.
A ce propos, le président a réaffirmé que la liberté de la presse et d’expression est garantie en Algérie, mais qu’elle doit s’exercer dans le respect des lois et de l’unité nationale. Bourzama a relevé que Tebboune a directement lié cette question à la menace du « cinquième colonne », ces relais extérieurs qui cherchent à minimiser les acquis et à perturber les chantiers de réforme.
Sur le plan économique, Bourzama a rappelé que le président a insisté sur la nécessité de transformer les ressources premières en Algérie et de ne plus les exporter à l’état brut. Les industries manufacturières, pétrochimiques et pharmaceutiques sont appelées à devenir des leviers majeurs de l’économie nationale et à contribuer à la réduction du chômage, notamment chez les jeunes bénéficiaires de l’allocation chômage.
Le président a cité plusieurs exemples : l’Algérie, qui importait autrefois le fer à béton, en est aujourd’hui exportatrice ; les produits électroménagers algériens commencent à concurrencer les marques européennes ; et les produits agroalimentaires nationaux sont désormais demandés à l’étranger. Il a également évoqué le projet de l’usine Fiat en Algérie, visant un taux d’intégration de 40 % et une orientation future vers l’exportation.
Bourzama a toutefois mis en garde contre l’apparition d’une nouvelle « mafia » qui manipule les chiffres des exportations, après la neutralisation des réseaux de surfacturation des importations.
Sur le plan diplomatique, Bourzama a rappelé que le président Tebboune a réaffirmé le principe historique de l’Algérie : le respect du bon voisinage et la non-ingérence dans les affaires internes des États. Concernant le Mali, il a exprimé sa préoccupation face aux événements récents et a appelé à un dialogue interne, rappelant le rôle traditionnel de l’Algérie comme médiateur régional pour la paix et la stabilité.
Enfin, Bourzama a souligné que le président a réitéré l’attachement de l’Algérie à la politique de non-alignement, héritée de son histoire diplomatique. L’Algérie entretient des relations équilibrées avec plusieurs grandes puissances – États-Unis, Russie, Chine – sans s’aligner sur un camp contre un autre.
T. Feriel

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