Algérie-Tchad : Vers une coopération de développement intégrée

L’Algérie poursuit son engagement en faveur d’une coopération régionale renforcée avec le Tchad, en mettant l’accent sur des projets structurants et une approche de développement globale.
Après l’arrivée d’une délégation technique algérienne de haut niveau à N’Djamena pour examiner les préparatifs de la réalisation de deux tronçons stratégiques de la route transsaharienne, les experts soulignent que cette dynamique traduit un changement de paradigme dans la politique extérieure algérienne.
La mission algérienne, composée de représentants du ministère des Travaux publics, de l’AICA, ainsi que des entreprises publiques Cosider TP, SNTP et CTTP, a été accueillie officiellement par le ministre tchadien des Infrastructures, Amir Idriss Kourda, en présence de l’ambassadeur d’Algérie. Les discussions ont porté sur les préparatifs du lancement des travaux, conformément aux orientations du président Abdelmadjid Tebboune, qui avait ordonné lors du dernier Conseil des ministres la prise en charge immédiate de ces tronçons par des entreprises algériennes.
Pour le professeur en planification stratégique et développement, Mohamed Cherif Daroui, l’examen rapide de ce dossier par le Conseil des ministres est un « indicateur fort » du passage d’un modèle de partenariat politique classique à un modèle de coopération de développement intégrée. Selon lui, cette approche ouvre la voie à une implication multisectorielle et crédible, capable de répondre aux défis économiques et sociaux du Sahel. Daroui a insisté sur le rôle de l’Algérie comme moteur de projets transfrontaliers : infrastructures routières et ferroviaires, réseaux énergétiques et zones industrielles. Ces initiatives visent à relier les marchés africains aux marchés européens et mondiaux, tout en renforçant la stabilité régionale. «L’Algérie consacre désormais le principe du passage à l’action, dans un contexte international marqué par l’instabilité », a-t-il déclaré, soulignant que la région a besoin de réalisations concrètes plutôt que de simples déclarations politiques.
L’expert a également mis en avant la spécificité de la démarche algérienne, qui se distingue par l’absence de conditions préalables imposées aux pays partenaires, contrairement à certaines puissances internationales. Pour lui, le véritable défi est de transformer les projets de coopération en résultats économiques tangibles, profitant directement aux populations locales.
T. Feriel

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