Sabri “Scarface” Ben Henia à Algérie Presse: Entre kickboxing et essor du bare knuckle
Propos recueillis par O.A. Nadir

La boxe à mains nues, ou bare knuckle, discipline issue des anciens sports de combat, connaît depuis quelques années un regain d’intérêt à l’échelle internationale. Opposant deux combattants sans gants, avec seulement un léger bandage aux poignets et aux pouces, elle se distingue par son intensité, sa dangerosité et son caractère spectaculaire.
La relance de cette discipline s’est accélérée avec la création de la Bare Knuckle Fighting Championship (BKFC) en 2018, devenue en quelques années une organisation majeure du secteur, estimée à plus de 400 millions de dollars. En 2024, l’arrivée de Conor McGregor comme copropriétaire a renforcé davantage sa visibilité mondiale.
Dans ce contexte de développement, le combattant tunisien Sabri “Scarface” Ben Henia, spécialiste du striking, s’est construit un solide parcours dans les sports de combat, notamment en K-1. Il compte à son palmarès un titre de champion du monde, un titre de champion d’Europe ainsi qu’une victoire dans un tournoi européen réunissant huit combattants.
Le K-1, discipline japonaise de kickboxing apparue dans les années 1990, autorise les coups de poing, de pied et de genou, tout en limitant les phases de corps-à-corps, ce qui favorise des combats rapides et explosifs. Les formats en tournoi, notamment le “8-man tournament”, imposent plusieurs combats dans la même soirée, mettant à l’épreuve endurance, puissance et résistance mentale.
Formé entre le Muay Thai et le kickboxing, Sabri Ben Henia s’est imposé par un style offensif et constant, basé sur la pression et les échanges directs. Il a également affronté des adversaires de haut niveau, dont le combattant Vladislav Tuinov.
Dans un entretien accordé à Algérie Presse, il revient sur son parcours et sa vision du combat.
Il explique notamment que son orientation vers le kickboxing a été influencée par la découverte du combattant Badr Hari, qu’il a vu pour la première fois en 2010 sur Internet.
Interrogé sur son style très offensif, il assume une approche tournée vers l’action : « J’aime mettre de l’action dans les combats, c’est pour ça que je mets la pression et que j’avance toujours », affirme-t-il, soulignant que ce style correspond pleinement à sa personnalité.
Revenant sur le moment le plus marquant de sa carrière, Ben Henia cite son premier sacre européen: « Quand j’ai gagné mon premier titre européen, j’ai réalisé que j’étais capable d’accomplir de grandes choses dans ma carrière et dans ma vie. »
Concernant les qualités nécessaires pour durer dans les sports de combat, il insiste sur un facteur essentiel : « La meilleure qualité, c’est la motivation. Sans motivation, on ne peut rien commencer dans la vie ».
Enfin, sur le développement du bare knuckle dans le monde arabe, il se montre confiant : « Oui, je pense que le monde arabe peut beaucoup se développer, car beaucoup de grands combattants viennent de ces pays. S’ils s’entraînent dur, ils peuvent faire du BKFC quelque chose de très important dans cette région ».
