Affaire des 18 kg de cocaïne : De lourdes peines pour les accusés
Neuf individus, dont une femme, ont comparu devant le tribunal criminel de première instance de la Cour d’Oran pour trafic de stupéfiants et transport de drogue dure au sein d’une organisation criminelle. À l’issue des délibérations, des peines de 15 et 20 ans de réclusion ont été prononcées. Par ailleurs, la perpétuité par contumace, assortie d’un mandat d’arrêt, a été retenue contre six prévenus en fuite, parmi lesquels le fameux « Baghrira ».
L’affaire remonte au 30 mars 2024. Lors d’un contrôle au barrage fixe de Mohammedia, sur l’autoroute Est-Ouest, les gendarmes interceptent une Peugeot suspecte en provenance d’Oran. La fouille minutieuse du véhicule révèle un aménagement spécifique au niveau des sièges, permettant la saisie de 16,550 kg de cocaïne. Le conducteur, A. Issam, passe aux aveux et désigne son commanditaire : un certain Adel, installé à Dubaï, qui le contactait via les pseudos « Kara Yildiz » et «Joker Yildiz » sur Messenger. Pour 100 millions de centimes, Issam devait acheminer la drogue vers Alger après avoir récupéré le véhicule au rond-point de la Pépinière, à Oran.
L’enquête a mis au jour un réseau structuré, principalement originaire de M’sila, dont les ramifications s’étendent jusqu’au Maroc. Parmi les figures clés citées figurent le baron en fuite «Baghrira » et un intermédiaire surnommé « Orangina », chargé de la conversion des devises. Les perquisitions menées chez un autre complice à Belgaid ont permis de découvrir 2 kg supplémentaires de cocaïne ainsi que 500 grammes de bijoux en or. Ce dernier a d’ailleurs admis avoir stocké jusqu’à 50 kg de drogue sur ordre du boss du réseau.
À la barre, les accusés ont multiplié les dénégations et les contradictions pour tenter de minimiser leur implication. Le ministère public a fustigé une organisation transfrontalière parfaitement hiérarchisée, soulignant l’ampleur inquiétante du trafic de drogue dure ces dernières années. Après avoir qualifié les faits de menace grave, le procureur avait requis la réclusion criminelle à perpétuité pour l’ensemble des mis en cause.
Zemmouri L.
