Relations algéro-françaises: Tebboune reçoit Rufo et Romatet

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu, hier samedi à Alger, la ministre française déléguée aux Armées et Anciens combattants, Alice Rufo, accompagnée de Stéphane Romatet, ambassadeur de France en Algérie, récemment revenu à son poste après près de deux ans de crise diplomatique.
L’audience s’est tenue au siège de la Présidence en présence de plusieurs hauts responsables dont Brahim Merad, ministre d’État chargé de l’Inspection des services de l’État et des collectivités locales, Ahmed Attaf, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines.
La veille, Alice Rufo avait participé à la cérémonie de commémoration du 81e anniversaire des massacres du 8 mai 1945 à Sétif. Aux côtés de l’ambassadeur Romatet, elle a déposé une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative. La ministre française a déclaré : « Il faut faire preuve de courage pour regarder l’histoire en face telle qu’elle s’est réellement déroulée, dans le respect de la Mémoire de l’Algérie. »
Le retour de l’ambassadeur Romatet, rappelé à Paris en avril 2025, marque une étape importante dans le réchauffement des relations entre Paris et Alger. Dans un communiqué, l’Élysée a souligné que cette décision « témoigne de la volonté du président de la République de traiter des relations entre la France et l’Algérie avec honnêteté, dans le respect de toutes les mémoires qui y sont liées ».
L’Élysée a également rappelé qu’« alors même que les Français célébraient leur libération, la répression des manifestations dans les villes de Sétif, Guelma et Kherrata durait plusieurs semaines et faisait des milliers de victimes ».
Alice Rufo devait être reçue par les autorités algériennes pour discuter des prochaines étapes de la consolidation des relations bilatérales et transmettre « l’appréciation du président pour la reprise de la coopération consulaire, sa volonté d’amplifier les résultats déjà obtenus et de restaurer un dialogue efficace ».
Ce geste s’ajoute à une série de signaux d’apaisement dont le visite du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez en février 2026 ; la rencontre entre Jean-Noël Barrot et Ahmed Attaf, ministres des Affaires étrangères et le déplacement à Alger d’Anne-Claire Legendre, nouvelle directrice de l’Institut du monde arabe.
Pour rappel, la crise avait éclaté à l’été 2024 après le soutien de Paris au plan d’autonomie pour le Sahara occidental, aggravée par l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal (gracié en 2025) et la mise en examen d’un agent consulaire algérien en France.
Un dossier reste particulièrement sensible : celui du journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis mai 2024 et condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». L’Élysée a assuré accorder une « attention prioritaire » à son cas, alors que sa famille espère une grâce présidentielle.
G. Salima
