Coopération judiciaire: Alger et Paris se mettent d’accord

Le déplacement du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, en Algérie illustre l’accélération du dégel diplomatique entre Paris et Alger.
Reçu par le président Abdelmadjid Tebboune, Darmanin a expliqué que sa visite visait à améliorer la coopération judiciaire et pénitentiaire, en particulier sur des dossiers sensibles comme celui des biens mal acquis. Il a précisé que plus d’une centaine de demandes ont été formulées par les autorités algériennes pour récupérer des avoirs issus de la corruption, et que des discussions approfondies se poursuivront prochainement à Paris avec les magistrats français compétents.
Le ministre a également évoqué la lutte contre la criminalité organisée et les réseaux de trafic de drogues, soulignant que les deux pays partagent les mêmes difficultés face aux mafias et qu’ils échangent désormais des informations judiciaires précieuses. Il a reconnu que des demandes d’extradition ont été formulées des deux côtés, preuve d’une coopération qui se renforce.
Sur le plan pénitentiaire et civil, Darmanin a insisté sur l’importance de protéger les familles vivant de part et d’autre de la Méditerranée, avec une attention particulière portée aux enfants. Il a aussi mentionné plusieurs cas individuels, dont celui de Christophe Gleize, traité à la demande du président Emmanuel Macron.
À l’issue de son audience avec Tebboune, Darmanin a affirmé la nécessité de poursuivre ce travail afin de “renouer la confiance entre deux pays qui se respectent”. Il a enfin annoncé avoir invité son homologue algérien, Lotfi Boudjemaa, à se rendre en France, dans la continuité des visites ministérielles qui traduisent la volonté commune de consolider les relations franco-algériennes.
Concernant ces dernières, le ministre de l’Intérieur français a déclaré qu’« elles sont reparties. Ce sont deux grands pays qui se parlent en matière de sécurité. Les choses se réenclenchent. Bien sûr qu’il faut que ça aille plus vite, bien sûr qu’il faut que ça soit plus fort, mais les choses se réenclenchent ». Il a ajouté que « beaucoup de choses étaient au point mort. On a renoué des relations sécuritaires qui n’existaient plus ».
Laurent Nuñez a insisté sur la « coopération judiciaire indispensable » entre les deux pays tant sur des enjeux migratoires, que de renseignements et de contre-terrorisme alors que Saïd Sayoud est prochainement attendu en France. « A partir de la semaine prochaine, on va caler ce déplacement avec l’ensemble de ses directeurs de sécurité, et l’ensemble des directeurs de sécurité du ministère de l’Intérieur français », a-t-il précisé.
G. Salima
