Affaire des 12 kg de cocaïne : De 7 à 12 ans de réclusion pour les accusés
L’affaire des 12 kg de cocaïne saisis à Oran a été rejugée par le tribunal criminel d’appel près la cour d’Oran. À l’issue des délibérations, le principal prévenu, S.M., a été condamné à dix ans de réclusion criminelle. Son complice, B.H., a écopé de 12 ans de réclusion, tandis que deux autres mis en cause, B.M.A. et T.M., se sont vu infliger sept ans de prison ferme chacun. Ils devaient répondre des chefs d’inculpation de détention, transport et commercialisation de drogue dure dans le cadre d’une organisation criminelle organisée. Par ailleurs, H.A.N., poursuivi pour consommation de stupéfiants, a été condamné à une amende de 50 000 dinars.
Cette affaire remonte au mois d’octobre 2023, lorsque des investigations ciblant un important réseau de narcotrafic ont mis en cause le dénommé B.H., alias « El Gat ». L’enquête policière avait d’abord conduit à l’arrestation de ce suspect et à la perquisition de son domicile, situé au quartier du Millénium, où 710 grammes de cocaïne avaient été découverts. Agissant sur de nouvelles informations, les enquêteurs avaient ensuite saisi 50 grammes de la même substance chez B.M.A. Interrogé, « El Gat » avait alors balancé S.M. comme étant son fournisseur. Ce dernier avait été intercepté peu après par les forces de l’ordre à bord d’une Ford, en compagnie d’un ami, avec une somme de 387 millions de centimes en sa possession. Les éléments du dossier révèlent que ce sont les déclarations de ce même S.M. qui avaient permis de localiser le gros de la marchandise, à savoir 11 kg de cocaïne dissimulés dans un parc de loisirs.
Lors des interrogatoires, S.M. avait détaillé le mode opératoire du réseau, affirmant que la drogue lui était expédiée par un certain Gh.M., dit « Tito ». Ce dernier, pourtant incarcéré dans une prison à Lyon (France), gérait le trafic à distance via les réseaux sociaux. Un intermédiaire prénommé Karim assurait la liaison et livrait la marchandise sur les ordres de « Tito ». Une fois la cocaïne réceptionnée à Oran, S.M. la stockait d’abord chez lui avant de la transférer dans son bureau au parc de loisirs, non sans avoir distillé au passage 100 grammes à un certain « Med Saint-Pierre ». Les autres prévenus avaient, pour leur part, reconnu leur implication dans ce réseau.
Peines maximales requises
À la barre du tribunal criminel d’appel, les versions ont pourtant changé. B.M.A. a nié tout trafic, campant sur une position de simple usager : « Je ne suis qu’un consommateur », a-t-il lancé. En revanche, B.H. a reconnu avoir accepté de s’associer au réseau par dépit et « en désespoir de cause», alors qu’il venait tout juste de purger une peine de huit ans de prison ferme pour des faits similaires. T.M., de son côté, a nié en bloc toutes les accusations. Quant au principal accusé, S.M., il a tenté de se dédouaner en affirmant que le bureau où les 11 kg de cocaïne ont été découverts ne lui appartenait pas exclusivement, mais qu’il était partagé par quatre personnes. Il a également contesté le montant de la saisie d’argent, affirmant qu’il n’avait pas 387 millions de centimes sur lui mais bien un milliard. Pour justifier son train de vie, il a mis en avant sa situation financière « plus qu’enviable», affirmant être à la tête de quatre parcs de loisirs (deux à Oran, un à Mostaganem et un à Alger) et s’apprêter à investir de plus belle.
Avant le verdict, le représentant du ministère public avait requis la peine maximale contre les principaux accusés détenus, et un an de prison ferme contre le consommateur.
Zemmouri. L
