Revenu par habitant : L’Algérie dans le top 8 africain

Le revenu national brut par habitant de l’Algérie s’est établi à 5 850 dollars en 2025, en hausse de 8,9% par rapport aux 5 370 dollars de 2024 — un niveau supérieur de 65% à celui du Maroc (3 540 dollars) et de 52% à celui de la Tunisie (3 840 dollars). Ce chiffre vaut au pays sa troisième année consécutive dans la catégorie des économies à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, selon le dernier classement du Groupe de la Banque mondiale (BM), qui porte sur l’analyse du revenu national brut (RNB) par habitant de 218 économies pour l’exercice 2025.

Ce résultat reflète les avancées réalisées par l’Algérie ces dernières années en termes de croissance, d’investissement public et de bonne gouvernance des finances publiques. Il intervient quelques jours seulement après la publication d’un communiqué favorable du Fonds monétaire international (FMI), qui a salué à la fois la diversification économique du pays et sa sortie de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI).
Selon la classification de la BM, l’Algérie figure parmi huit pays africains dans la catégorie supérieure des pays à revenu intermédiaire, aux côtés notamment de l’Afrique du Sud, du Botswana, du Cap-Vert, de la Guinée équatoriale et de Maurice. Avec la Libye, elle reste l’un des deux seuls pays d’Afrique du Nord à figurer dans cette tranche, tandis que le Maroc et la Tunisie demeurent tous deux classés en revenu intermédiaire inférieur, aux côtés de vingt-deux autres économies du continent.
Pour l’exercice 2026, la BM situe le seuil des économies à faible revenu à 1 175 dollars ou moins de RNB par habitant, celui des économies à revenu intermédiaire inférieur entre 1 176 et 4 635 dollars, et celui des économies à revenu intermédiaire supérieur entre 4 496 et 13 935 dollars — l’Algérie se situant donc dans la partie basse de cette dernière tranche, à environ 42% du seuil planchant sur le statut de pays à revenu élevé.
L’Algérie était passée en 2024 de la catégorie « revenu intermédiaire de la tranche inférieure » à celle de « revenu intermédiaire de la tranche supérieure ». Le ministère des Finances avait alors précisé que ce réalignement traduisait la prise en compte non seulement du rebasage du PIB, par une révision à la hausse de son niveau, mais aussi d’autres facteurs tels que les résultats enregistrés en matière de croissance, l’élargissement de l’investissement public, la consolidation des secteurs économiques productifs et le renforcement de la gouvernance des finances publiques.

Le satisfecit du FMI

Ce maintien dans la catégorie supérieure fait écho aux conclusions de la mission du FMI conduite par Charalambos Tsangarides, qui s’est rendue à Alger du 16 au 30 juin dans le cadre des consultations de 2026 au titre de l’article IV. Dans son communiqué, l’institution de Bretton Woods a salué les efforts de diversification déployés par l’Algérie, notamment dans les secteurs minier et agricole, tout en l’encourageant à poursuivre les réformes visant à renforcer la compétitivité et l’investissement privé. Le Fonds a également salué le retrait de l’Algérie de la liste grise en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, considérant cela comme une réalisation importante, reflétant une forte volonté et la poursuite des efforts de réforme.
Sur le plan financier, le FMI a mis en avant les premières mesures visant à diversifier les sources de financement, en particulier la première émission souveraine de sukuk et le financement attendu d’une banque de développement régionale. L’institution a par ailleurs souligné que la position géographique de l’Algérie et la richesse de ses ressources énergétiques pourraient servir de levier pour renforcer son rôle sur le marché de l’énergie, avec l’Europe et l’Afrique.
Le chef de mission du FMI a précisé que la croissance était restée robuste en 2025, à 3,9% selon les estimations, soutenue par des investissements importants, tandis que celle du secteur des hydrocarbures est demeurée modérée. Pour 2026, le Fonds table sur une croissance du PIB toujours robuste, à 3,8%, portée par la hausse attendue des prix des hydrocarbures qui devrait dynamiser exportations et recettes budgétaires, avec en parallèle un recul du déficit extérieur.
Ce satisfecit s’accompagne toutefois de réserves : le déficit budgétaire, bien qu’en recul, est resté élevé à 10,5% du PIB en 2025 — une baisse rendue possible par des dividendes exceptionnels des entreprises publiques et de la Banque d’Algérie ainsi que par la progression des recettes hors hydrocarbures — tandis que la dette publique a atteint 52,1% du PIB sous l’effet d’importants besoins de financement. À moyen terme, la mission prévoit une modération de la croissance et anticipe que des déficits élevés continueraient d’accroître la dette publique et de réduire progressivement les réserves de change, d’où l’appel du FMI à un dosage plus équilibré des politiques macroéconomiques et à une consolidation progressive des finances publiques.
G. Salima

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