Un mois après le black-out de Biskra : L’Algérie bat un nouveau pic électrique

Un mois presque jour pour jour après le black-out qui avait plongé Alger, Constantine, Tizi-Ouzou, Bouira et Jijel dans l’obscurité, la demande nationale d’électricité a de nouveau atteint un sommet historique : 21.650 mégawatts, lundi 17 août à 14h21, un troisième pic record enregistré en l’espace de cinq semaines seulement.

Le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables évoque une hausse de 272 MW par rapport au précédent record du 13 juillet (21.378 MW) et de 474 MW par rapport à celui du 12 juillet (21.176 MW), dans un contexte de vague de chaleur exceptionnelle doublée d’une forte humidité sur le littoral de plusieurs wilayas.
Ce nouveau record intervient alors que le souvenir de la coupure générale du 15 juillet reste vif. Ce soir-là, le courant s’était brutalement interrompu d’Alger à Constantine, en passant par Tizi-Ouzou, Bouira et Jijel, plongeant des millions d’Algériens, déjà étouffés par la canicule, dans la pénombre. Les autorités avaient attribué l’incident à un dysfonctionnement technique survenu sur une importante installation électrique de la région de Sidi Okba, dans la wilaya de Biskra, provoqué par la conjonction de la chaleur extrême et de l’humidité. Selon la presse spécialisée, l’incident a d’abord provoqué un effet domino sur le réseau national, avant que les équipes techniques de Sonelgaz ne parviennent à isoler la zone en défaut.
Face à l’ampleur de la crise, le Premier ministre Sifi Ghrieb s’était rendu en personne au Centre de contrôle du réseau électrique national, à Gué de Constantine, pour superviser les opérations de rétablissement. Le retour au courant s’est fait de façon progressive au cours de la nuit, l’Algérie annonçant le lendemain matin le rétablissement complet de l’alimentation dans 16 wilayas. Dans les jours suivants, Sonelgaz a par ailleurs eu recours à des délestages ciblés dans la wilaya de Biskra elle-même, présentés comme des coupures « volontaires » destinées à réguler l’équilibre du réseau depuis le centre national et les centres régionaux de contrôle à distance, le temps de réparer la centrale d’El Chakha et le poste de Sidi Okba, à l’origine de la panne du 14 juillet.
Cet épisode avait d’autant plus marqué les esprits que le groupe public avait, quelques semaines plus tôt, assuré disposer d’une marge suffisante pour passer l’été sans délestage, avec l’ambition affichée de faire de 2026 une année d’exportation d’électricité vers les pays voisins.
Au-delà de cet épisode ponctuel, les chiffres communiqués par le ministère de l’Énergie confirment une trajectoire haussière ininterrompue. Le pic de consommation est passé de 16.666 MW en 2022 à 18.476 MW en 2023, puis à 19.543 MW en 2024 et à 20.628 MW en 2025, avant de franchir pour la première fois le seuil des 21.000 MW cette année. Le pic de lundi dépasse de 4.984 MW celui de 2022, soit une progression de 30% en quatre ans, et de 1.022 MW celui de 2025.
Le ministère attribue cette flambée historique de la demande à l’usage intensif des appareils énergivores, climatiseurs en tête, aussi bien chez les abonnés domestiques que dans les établissements publics et privés, une pression particulièrement forte entre 13h00 et 16h00, les heures les plus chaudes de la journée. C’est précisément cette conjonction – chaleur extrême, humidité et suréquipement en climatisation – qui avait, un mois plus tôt, entraîné la surcharge du poste de Sidi Okba et le black-out du 15 juillet.
G. Salima

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