Recherche et climat : L’Afrique fédère ses universités depuis Alger

L’Université des sciences et technologies Houari-Boumediene (USTHB) d’Alger abrite, depuis hier mardi et jusqu’au 9 octobre courant, les travaux de la réunion régionale consacrée au projet CO-CAT. Orchestrée sous l’égide de l’Association des universités africaines (AUA), cette rencontre de haut niveau a pour ambition première de consolider les aptitudes institutionnelles et opérationnelles des établissements d’enseignement supérieur du continent en matière de recherche sur l’adaptation aux mutations climatiques.
Cet événement rassemble les représentants de 16 universités africaines engagées dans le programme CO-CAT (Climate Adaptation Research-Focused Organisational Capacity Assessment Tool). L’enjeu majeur de cette étape algéroise réside dans l’analyse approfondie des données issues de la phase pilote d’évaluation. Il s’agit de dresser un bilan constructif des enseignements tirés des immersions croisées, des visites d’apprentissage entre pairs et des sessions de mentorat, afin de les convertir en orientations stratégiques et d’élaborer une feuille de route consensuelle permettant le déploiement généralisé de cet outil d’évaluation.
À l’ouverture des travaux, le vice-recteur chargé des relations extérieures de l’USTHB, M. Azzeddine Chafa, s’est félicité de la tenue de ce regroupement scientifique, insistant sur son rôle déterminant pour « renforcer les partenariats scientifiques entre les universités africaines et de contribuer à la mise en place d’un réseau durable de recherche et de coopération, notamment face aux défis climatiques du continent ». Il a également souligné que ces assises constituent une vitrine privilégiée pour valoriser le savoir-faire et le potentiel académique algérien dans des disciplines clés telles que les sciences de la Terre, la géomatique, les systèmes d’information géographique, la gestion de l’environnement, la préservation des ressources hydriques et la prévention des risques naturels.

Mobilité des universitaires

Abondant dans le même sens, le représentant de la Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (DGRSDT), M. Mohamed Loucif Seiad, a passé en revue les démarches probantes entreprises par l’Algérie pour faire face aux urgences environnementales, notamment à travers le renforcement de la résilience climatique, l’optimisation des ressources en eau, la sécurité alimentaire et la transition énergétique. Le responsable a mis en relief l’implication active de la communauté scientifique nationale dans de vastes réseaux de recherche internationaux, à l’image du programme PRIMA — fort de 99 projets financés au profit d’équipes algériennes depuis 2018 — et du dispositif LEAP-RE, orienté vers le développement des technologies solaires et des solutions hydriques durables.
Face à la complexité des défis environnementaux actuels, M. Seiad a préconisé l’intensification des programmes de recherche partagés, le soutien à la mobilité des universitaires ainsi que la libre circulation des données scientifiques à l’échelle continentale, réaffirmant avec conviction que « la coopération africaine est essentielle pour transformer les connaissances scientifiques en solutions concrètes face au changement climatique ».
Apportant un regard expert sur ces enjeux, le chercheur ghanéen en sciences de l’environnement et chercheur principal du projet, M. Frederick Ato Armah, a insisté sur l’urgence de renforcer les compétences techniques régionales et de dynamiser le transfert d’expertises interuniversitaire. Rendant hommage à la contribution de l’Algérie dans ce domaine, le scientifique a rappelé toute la pertinence des productions académiques africaines, martelant que la qualité des travaux conduits au sein du continent « doit être davantage valorisée et connu ».
Il convient d’indiquer que le projet CO-CAT s’inscrit parmi les initiatives phares du programme international CLARE (Climate Adaptation and Resilience). Déployée sur une durée de 24 mois, de janvier 2025 à décembre 2026, cette dynamique panafricaine entend doter les institutions scientifiques d’outils d’ingénierie et de gouvernance adaptés pour faire face durablement à la crise climatique.
Feriel T

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