Canastel: La pêche au pied des falaises

À Canastel, la pêche commence bien avant le premier lancer. Pour rejoindre les rochers au bord de la Méditerranée, les petits pêcheurs doivent descendre par la falaise, en empruntant des passages escarpés et parfois difficiles. Ici, il n’y a pas de véritable chemin aménagé jusqu’aux lieux de pêche. Il faut descendre avec le matériel, trouver son passage et surtout garder suffisamment d’énergie pour remonter.
Ce relief abrupt n’est pas une simple particularité du paysage. Les Falaises de Canastel sont régulièrement décrites comme une zone rocheuse difficile d’accès, au point que la Protection civile y a déjà réalisé des interventions en milieu périlleux.
Une fois au pied des falaises, les pêcheurs retrouvent leur quotidien : les lignes, les appâts, l’attente et l’incertitude. La baie de Canastel est bien fréquentée par des pêcheurs à la ligne et plusieurs prises y sont signalées, notamment le sar.
Pour Hakim, la réalité est simple : la pêche est loin d’être facile. Entre l’accès difficile, le transport du matériel et les conditions de la mer, chaque sortie demande des efforts. Une journée passée au bord de l’eau ne garantit d’ailleurs aucune quantité précise de poisson. Certaines sorties peuvent être bonnes, d’autres beaucoup moins.
« La pêche est assez difficile », explique-t-il, résumant en quelques mots une activité qui exige patience, expérience et résistance physique.
Pour Amine, la pêche peut également devenir une petite source de revenus. Lorsqu’il réalise une prise suffisante, il lui arrive de revendre une partie du poisson. Le principe est simple : ce qui est sorti de la mer peut parfois être vendu directement, avec des tarifs qui dépendent de l’espèce, de la quantité disponible et de l’état du marché.
À Oran, les prix du poisson connaissent effectivement d’importantes variations. À titre de comparaison, des relevés locaux ont fait état de tarifs pouvant atteindre 1 400 à 1 600 DA/kg pour la sardine, tandis que d’autres espèces comme le merlan ou la dorade peuvent être nettement plus cher selon la période et le point de vente.

A petite échelle

En mars 2026, les prix référentiels mis en place dans certains points de vente agréés à Oran étaient notamment de 1 200 DA/kg pour la dorade, tandis que le prix de détail pouvait atteindre environ 1 700 DA/kg.
Ces chiffres donnent une idée de la valeur du poisson sur le marché, mais la situation d’un petit pêcheur est différente : sa recette dépend directement de ce qu’il parvient à ramener. Une bonne prise peut représenter quelques ventes ; une sortie sans poisson signifie au contraire du temps et des efforts sans véritable retour financier.
Le contexte du secteur reste par ailleurs marqué par les enjeux de préservation de la ressource. À Oran, les services de la pêche ont mené en 2026 des actions de sensibilisation auprès des professionnels autour des bonnes pratiques et de la pêche durable. Une période de repos biologique a également été instaurée jusqu’au 30 septembre 2026, avec des restrictions concernant certaines techniques de pêche.
À Canastel, pourtant, la scène reste beaucoup plus simple. Un pêcheur descend la falaise avec son matériel, s’installe sur les rochers et lance sa ligne vers une mer dont il ne connaît pas encore la réponse.
Hakim parle de difficulté. Amine pense aussi à ce que la pêche peut rapporter lorsqu’une prise permet une revente. Entre les deux, il y a une même réalité : celle d’une pêche à petite échelle, pratiquée au plus près de la mer.
O.A Nadir

 

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