Discours d’Ahmed Attaf à l’ONU: La Palestine et le droit international en ligne de mire

L’Algérie a réaffirmé lundi, depuis la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, son soutien « total et inconditionnel » aux droits légitimes et inaliénables du peuple palestinien, notamment à son droit à l’établissement d’un Etat indépendant et pleinement souverain, avec El-Qods pour capitale.
Intervenant lors de la semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a également dénoncé la poursuite des souffrances des civils palestiniens dans la bande de Ghaza.
Le chef de la diplomatie algérienne a évoqué la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne, marquée, selon son intervention rapportée par l’APS, par la poursuite des violences contre les civils, parmi lesquels figurent de nombreux enfants et femmes. Il a appelé à ne pas banaliser une situation humanitaire qu’il a qualifiée de tragique.
Revenant sur le cessez-le-feu à Ghaza, Ahmed Attaf a rappelé l’espoir suscité par son entrée en vigueur, près de onze mois auparavant, alors qu’il devait permettre de mettre fin aux souffrances des populations civiles et ouvrir la voie à un règlement politique durable. Selon le ministre, cet espoir s’est toutefois dissipé dans un contexte marqué par la poursuite des politiques de colonisation et par ce qu’il a présenté comme le non-respect d’accords et d’engagements.
La question palestinienne demeure ainsi au cœur de la position exprimée par Alger devant l’Assemblée générale. L’Algérie réaffirme notamment son attachement à la création d’un Etat palestinien indépendant et souverain, avec El-Qods pour capitale, conformément à la position qu’elle défend dans les différents cadres internationaux.
Appel à la désescalade
Dans son intervention, Ahmed Attaf a également élargi son propos à la situation au Moyen-Orient et dans le Golfe. Il a estimé que ces régions traversaient une période particulièrement dangereuse, en raison notamment de l’ampleur des destructions provoquées par les conflits successifs, mais aussi, ajoute-t-il, « en raison de l’érosion des lignes de démarcation entre ce qui est acceptable et ce qui devrait être rejeté et proscrit dans les relations internationales ». Il a ainsi affirmé que l’Algérie « suit avec une grande inquiétude la poursuite de l’escalade dans le Golfe, où fait rage un conflit qui pèse lourdement sur les Etats et les peuples de la région, ébranle leur sécurité et leur stabilité et menace le bien-être et le développement de leurs populations, qui se sont retrouvées otages de calculs et d’intérêts qui ne sont pas les leurs ».
Dans ce contexte, Ahmed Attaf a réitéré l’appel de l’Algérie à la désescalade et au respect du droit international. Il a également réaffirmé la condamnation par Alger de toute atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale des Etats de la région. Le ministre d’Etat a notamment cité les agressions israéliennes contre la Syrie et le Liban, ainsi que les tentatives de division de la Somalie, selon les termes rapportés par l’APS.
Au-delà de la situation régionale, la participation algérienne à cette session de l’ONU est également marquée par un appel à renforcer le système multilatéral. Alger défend notamment un rôle accru de l’Assemblée générale des Nations unies et une réforme profonde du Conseil de sécurité, avec l’objectif affiché de rendre cet organe plus représentatif et plus efficace.
Cette question de la réforme du système international rejoint, dans le discours algérien, celle du respect du droit international et de l’égalité entre les Etats. Alger estime notamment que les règles internationales doivent être appliquées de manière cohérente et sans sélectivité.
Il a, dans ce contexte, réitéré le soutien constant de l’Algérie à la position africaine commune, soulignant que « la réparation de l’injustice historique faite à l’Afrique exige une représentation africaine permanente et équitable au Conseil de sécurité, dotée de pleines prérogatives ».
La présence algérienne à New York s’inscrit également dans une série de réunions consacrées à la question palestinienne. Le 25 septembre, Ahmed Attaf avait participé à une réunion ministérielle de haut niveau de l’Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux Etats. Deux jours plus tard, il avait pris part à une réunion ministérielle conjointe de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique consacrée à El-Qods.
Lors de cette dernière rencontre, le ministre avait souligné l’importance du statut d’El-Qods et défendu son traitement comme une question relevant de la justice et de la légalité internationales.
À travers ces différentes interventions, l’Algérie maintient ainsi au centre de sa participation à la 81e session de l’Assemblée générale les questions palestinienne et régionale, tout en plaidant pour un renforcement du multilatéralisme et pour une application du droit international qu’elle souhaite plus cohérente et universelle.
O.A Nadir
