Rencontre sur la traduction et l’IA: Appel à renforcer la recherche interdisciplinaire
Les participants à la rencontre nationale intitulée « Traduction et intelligence artificielle: approches dans la recherche, la formation et la pratique », organisée à Oran, ont appelé à encourager la recherche scientifique interdisciplinaire intégrant les études de traduction et l’intelligence artificielle (IA), afin de permettre une meilleure compréhension des transformations que connaît le processus de traduction dans l’environnement numérique. A l’issue de cette rencontre, organisée par le laboratoire « Traduction et genres de textes » de l’Institut de traduction de l’Université d’Oran 1 « Ahmed Ben Bella », et dont les travaux ont pris fin mardi soir, les participants ont recommandé d’intensifier les études appliquées et expérimentales visant à mesurer la qualité des résultats produits par les outils de l’IA dans les différents domaines de la traduction, tout en adoptant des critères scientifiques clairs pour évaluer l’exactitude, la cohérence, la pertinence contextuelle et la précision terminologique.
Parmi les recommandations formulées figure également la nécessité de revoir les programmes de formation des étudiants en traduction, afin d’y intégrer les compétences numériques et les aptitudes liées à l’utilisation de l’IA en tant que nouvelles compétences professionnelles, tout en préservant les fondements linguistiques, culturels et spécialisés qui constituent les piliers de la formation dans le domaine de la traduction.
Les participants ont également recommandé de développer de nouveaux modèles pédagogiques pour l’enseignement de la traduction, permettant d’exploiter les possibilités offertes par l’IA dans l’entraînement, l’analyse et la révision, tout en maintenant le rôle central de la pensée critique et de l’autonomie scientifique du traducteur.
Dans le même contexte, les spécialistes ont appelé à former les traducteurs et les enseignants à une utilisation responsable et éthique de l’intelligence artificielle, en clarifiant les différentes questions liées à la confidentialité des données, à la propriété intellectuelle et aux droits d’auteur, ainsi qu’à la responsabilité du traducteur à l’égard du texte final.
Les recommandations finales ont également insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les universités, les institutions de traduction, les organismes professionnels et les développeurs technologiques, afin de mettre au point des outils et des solutions numériques répondant aux besoins réels des traducteurs et des étudiants en traduction.
Les recommandations comprennent, en outre, l’encouragement de l’échange d’expériences et de pratiques entre chercheurs et professionnels, à travers l’organisation de rencontres scientifiques et la réalisation de projets de recherche conjoints dans le domaine de la traduction et de l’IA. Elles préconisent également d’œuvrer à l’élaboration de normes claires encadrant l’utilisation académique et professionnelle de l’IA dans le domaine de la traduction, de manière à tirer parti de ses potentialités tout en préservant l’intégrité scientifique et la responsabilité professionnelle.
Dans le même ordre d’idées, les participants ont souligné l’importance de redéfinir certaines compétences professionnelles du traducteur contemporain afin de les adapter aux exigences de l’environnement numérique. Celles-ci devraient désormais englober, outre la compétence linguistique et traductive, la compétence numérique, la culture technologique, ainsi que la capacité à évaluer, orienter et réviser les productions de l’intelligence artificielle. APS
