Ce que j’en pense: Je suis antisioniste, donc je suis…
L’information est passée presque en silence, tue par les médias mainstream, cachée par les gardiens du Temple de Salomon et chuchotée dans l’oreille de l’homme qui parlait aux chevaux. L’ONU envisagerait de dissocier antisionisme et antisémitisme suite à une campagne menée par une centaine d’organisations de défense des droits humains et des droits civiques, qui ont exhorté les Nations Unies à respecter les droits humains dans le cadre de la lutte contre l’antisémitisme.
L’info a fuité pendant la première décade de juin dernier et la décision devait être prise, deux semaines plus tard, lors du Congrès de l’ONU prévue à Cordoue. Depuis, silence radio. Un blackout total sur le dossier, à croire qu’il n’a jamais existé. Face à la pression des partisans de l’entité sioniste, la réunion de Cordoue a été reportée pour ce mois en cours.
En effet, et selon la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste « toute tentative de priver le peuple juif de son droit à la souveraineté dans l’Etat d’Israël est considérée comme de l’antisémitisme ». Cette définition est acceptée par plus de 30 pays, ainsi que par plusieurs organes de l’ONU et le département d’Etat américain. Il a suffi d’une intention pour que la guerre soit déclarée contre le délégué des Nations unies pour la lutte contre l’antisémitisme, Miguel Moratinos. Le diplomate est accusé de ne pas trop aimer Israël. Il est coupable d’opinions pro-palestiniennes et pro-arabes. On lui a même trouvé une vague ressemblance capillaire avec Hitler. Des témoins ont même juré l’avoir vu avec un keffieh, posant à côté du fantôme de Arafat.
L’Etat hébreu a fait des pieds et des mains pour « qu’aucune légitimité ne soit accordée à l’ouverture d’une nouvelle discussion sur la définition », instaurant de fait la criminalisation de l’antisionisme. Critiquer la politique d’Israël équivaut tout simplement à de l’antisémitisme. Ses suppôts continuant à créer l’amalgame entre un droit divin à exterminer le peuple palestinien et l’interdiction terrestre d’émettre un avis défavorable concernant sa politique génocidaire. Pour ces tueurs d’enfants, cette définition a coupé le sifflet aux antisémites, donc à nous, qui nous cachons derrière l’antisionisme pour cracher sur leurs gueules de faux dévots. Ce chantage à la mémoire a trouvé toute son étendue en France lorsque les Israéliens de là-bas se sont cachés derrière une définition rendue désuète par une histoire écrite par les vainqueurs pour faire de l’antisionisme un délit passible de guillotine. Des députés français ont, tout simplement, assimilé l’antisionisme à de l’antisémitisme et le punir comme tel.
Si au point zéro de l’histoire, l’antisionisme, selon Wikipédia, «désigne, historiquement, l’opposition au projet sioniste d’établissement d’un foyer national juif, en Palestine», la défaite militaire des pays arabes et les concessions des Occidentaux ont, forcément, développé une autre approche. Tout comme l’apartheid, le sionisme renvoie à une politique d’un Etat ségrégationniste, coupable de mener un véritable génocide contre les Palestiniens.
Lorsqu’on est antisioniste, on ne fait que dénoncer la nature politique d’Israël qui a fait de l’Apartheid un mode de gouvernance. Lorsqu’on critique l’expansionnisme et les massacres des Israéliens, on ne tire pas sur le juif et quand on adhère au mouvement BDS, on ne cherche pas à le ruiner.
>> Par Moncef Wafi