Pour contrer l’inflation: Les « trésoriers » arabes se retrouvent à Alger

Le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, a présidé, hier au Centre international de conférences (Abdellatif Rahal) à Alger, l’ouverture des travaux de la 47e session ordinaire du Conseil des gouverneurs des banques centrales et institutions monétaires arabes, qui se tient sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

La rencontre, ouverte en présence de Abdul Rahman Ben Abdullah Al Humaidi, directeur général et président du Conseil d’administration du Fonds monétaire arabe, du gouverneur de la Banque d’Algérie (BA), Salah Eddine Taleb, et du Conseiller économique du président de la République, Yacine Ould Moussa, se penchera sur l’examen de l’efficacité de la politique monétaire dans les pays arabes destinée à contrer l’inflation née des perturbations de l’offre, les facteurs derrière la hausse de l’inflation ainsi que le rôle des politiques monétaire et financière pour endiguer ce phénomène.
Les gouverneurs des banques centrales et institutions monétaires arabes se pencheront également sur l’étude de l’équilibre entre le renforcement de la digitalisation des services financiers et le maintien de la stabilité financière en examinant les opportunités et risques liés à l’utilisation des technologies financières (Fintech) et le contrôle des sociétés opérant dans ce segment dans les pays arabes, et le cadre et politiques de maitrise des risques inhérents à ces mêmes technologies.
Parmi les axes de cette session, l’indépendance, la transparence et la gouvernance au sein des banques centrales et la présentation de quelques expériences de banques centrales à travers le monde.
Intervenant à l’ouverture de cette réunion, le Premier ministre a indiqué que « l’Algérie a toujours soutenu la stabilité financière et monétaire dans la région arabe, et que son engagement envers ces principes restera constant », insistant sur l’action arabe commune pour renforcer la stabilité financière, booster la croissance économique et améliorer la qualité de vie des citoyens arabes, autant d’objectifs à réaliser avec le concours des banques centrales et les institutions monétaires arabes qui pourraient jouer un rôle central à cet effet.
Dans cette perspective, M. Benabderrahmane a affirmé que « les pays de notre région doivent saisir l’importance de l’innovation et de la transformation numérique dans le secteur financier », rappelant que « l’Algérie, grâce notamment à sa nouvelle loi monétaire et bancaire, avance dans la numérisation de son économie tout en veillant à la sécurité et à la fiabilité de ses systèmes financiers ». Il a également salué dans ce contexte le lancement en 2018 par le Fonds monétaire arabe (FMA) de la plateforme « Buna » conformément aux normes, exigences et principes internationaux du marché financier mondial, une action arabe commune visant, a-t-il dit, à améliorer l’infrastructure des paiements dans le monde arabe afin de faciliter et de sécuriser les échanges commerciaux et les investissements, en connectant, via cette plateforme, de nombreuses banques centrales et commerciales arabes.
M. Benabderrahmane a évoqué le financement externe des besoins financiers de certains pays arabes, sur fond de la hausse des taux d’intérêt mondiaux, ayant engendré une hausse de la dette des Gouvernements de plusieurs pays, la dette générale des pays arabes étant estimée à plus de 360 milliards de dollars, suscitant « un problème urgent pour les politiques publiques concernant les moyens de les adapter pour en réduire l’impact sur la situation économique générale et la stabilité financière des pays arabes en la conjoncture actuelle ». Il a estimé, dans ce sens, que l’action arabe commune « permettra de surmonter toutes les difficultés auxquels nous faisons face », qualifiant le Fonds monétaire arabe (FMA) d’institution solide, à même d’apporter à nos pays arabes un important soutien financier et technique, indispensables pour surmonter la phase actuelle ».

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