Ce que j’en pense: Dans le sens

Si je ne vais pas dans le bon sens, est-ce que je perds mon temps ? Question existentielle ou pragmatique ? J’ai envie de croire qu’elle est existentielle tant les détours, les voyages, les découvertes, les pauses sont ma raison de vivre. Si je ne vais pas dans le bon sens, est ce que je cours un danger ? C’est le risque m’a-t-on dit… Si j’allais toujours dans le bon sens, aurais-je pu autant découvrir, connaître, tester et comprendre ?
Ces signalisations, ces sens interdits, ces sens uniques, ces voies qui me maintiennent dans le bon sens. Ces lignes blanches, elles m’aident … oui elles m’aident, me font avancer. Toujours dans le bon sens, l’unique, celui qui m’amène là où je dois aller. Là où on m’attend. Sécurisant et sécurisé. Celui maintenu dans les limites du possible, de l’acceptable.
La destination que j’ai fait entrer dans le GPS. Je l’ai choisie cette destination. Après tout, je lui ai demandé à mon GPS de m’indiquer la destination la plus courte. Alors pourquoi faire des détours, pourquoi ne pas suivre la route indiquée… pour foudroyer mon quotidien ? Embouteiller des routes qui doivent être réservées à d’autres ? D’autres qui doivent avoir la priorité puisque c’est leur ligne directe.
Alors, je me mets à chercher cette signalisation, ce feu rouge qui va me permettre de revérifier mon itinéraire lorsque je m’en suis écartée.
Et parfois je me prends à rêver, me laisse aller à imaginer, regarder cet itinéraire plus long parfois certes, mais qui passe par des zones inconnues. Mes inconnues que d’autres maîtrisent.
Et puis la plupart du temps, je trace. Ni le temps ni l’énergie. Je me laisse guider par satellite ou par n’importe quelle ligne directe, parfois blanche, parfois grise, complètement effacée ou invisible le plus souvent. En tout cas une limite qui ne donne pas toujours son nom ou ses motifs, qui sont là, cependant, pour me maintenir dans le bon sens. Je reste dans ma ligne, je ne veux ni risquer ni arriver en retard ni embouteiller les voies prioritaires.
Et puis je me remets à rêver. Et si je testais la sérénité. Mère de tous les ordinaires et du sentiment de sécurité. Fille du vase clos. Épanouie dans son lac. Bien retenue dans son barrage. Délimitée et sans vague, limpide sauf si on touche à son mur ou si on la fait déborder avec un corps extérieur trop lourd.
Je me réveille. Merci, pour rentrer j’opterai pour le chemin qui m’a amené. De l’autre côté de la ligne blanche, bien entendu, comme il me l’est permis. Question de perspective. Non je ne tourne pas en rond, je tourne autour de moi et de ce que l’on m’a sécurisé.

>>Par Sara Cheriet

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