Jusqu’à 30 cas reçus quotidiennement à l’EHU : « L’AVC, une menace à l’échelle mondiale »

L’Accident cérébral vasculaire (AVC) demeure une menace vu qu’il touche de plus en plus de sujets jeunes, a déclaré le Pr Belebena Bachir, Chef de service de neurochirurgie à l’Etablissement hospitalier universitaire d’Oran (EHU) lors du congrès international sur la prévention de l’AVC organisé par l’hôpital en présence de spécialistes algériens et étrangers de renom (par visioconférences) et ceux de l’hôpital de paris.

« A 25 ans, quand on a un AVC handicapant, c’est irréversible, on se pose beaucoup de problèmes, d’où l’intérêt de la prise en charge et l’importance de la prévention », a-t-il précisé. Cette prévention doit impliquer plusieurs volets notamment médiatique. « Cette prévention doit concerner toutes les souches de la société, familiales, médiatique et politiques pour éviter les problèmes de la prise en charge des sujets jeunes. Lorsqu’une personne se présente après plus de 4h après son AVC, il va rester handicapé. Alors, il faut sensibiliser les jeunes sur l’importance de la thrombolyse qui est un traitement simple pour dissoudre le caillot sanguin, a condition de venir à l’hôpital avant 4h30. Dans ce cas précise, le patient récupère à 90% » a-t-il ajouté.
Le Pr Belebna a mis en avant l’importance de la formation pour améliorer davantage la prise en charge. « Nous avons formé des médecins dans la région de l’Ouest du pays, notamment dans le volet de l’importance du temps et l’arrivée du patient avant 4h30, dès qu’il commence à montrer des signes neurologiques de l’AVC. Dès l’apparition de ces signes, les proches du patient doivent l’emmener immédiatement à l’hôpital », a-t-il expliqué. Le patient subi des examens d’imagerie qui confirmeront ou non s’il s’agit bien d’un AVC. « On fait un scanner, il confirme le diagnostic, il est ensuite thrombolysé et peut retourner chez lui le plus normalement du monde, mais s’il dépasse ce temps imparti, ça sera un problème ».
Pour sa part, le Pr Badsi Chahrazed, Chef de service de neurologie à l’EHU 1er Novembre, a rappelé que la prise en charge se fait actuellement selon les standards internationaux. « Nous sommes aux normes, on participe à un registre international et on a été primé dans ce cadre, mais on espère également la certification pour améliorer davantage la prise en charge des malades dans les meilleurs conditions comme cela se fait dans d’autres pays », a-t-elle indiqué. Entre 15 et 30 cas sont reçu quotidiennement à l’EHU alors que les chiffres sur l’échelle mondiale révélés lors de ce congrès font froids dans le dos.
Plus de 12 millions de cas sont recensés chaque année, soit un cas chaque 2 secondes, 6.5 millions de personnes meurent d’un AVC chaque année dont un tiers des décès enregistrés chez des personnes âgées de moins de 70 ans.
Ce congrès a mis en avant également la formation notamment dans la technique de la thrombectomie. Des efforts sont en cours pour introduire à l’avenir cette technique à l’EHU et une équipe médicale a été formée dans ce cadre afin de généraliser cette technique réalisée pour la première fois à l’échelle nationale en 2017 à l’hôpital de Blida par le Pr Zeroual Reda. La thrombectomie est une intervention radiologique qui vise à retirer un caillot et rétablir la circulation sanguine. En insérant un cathéter dans la région de l’aine, on guide un dispositif vers l’artère bloquée par le caillot, afin de le retirer. Ceci peut se faire par aspiration, en utilisant un dispositif qui ressemble à un petit panier ou en combinant les deux techniques. La thrombectomie est recommandée en phase aiguë dans le traitement de l’AVC ischémique chez les usagers admissibles dans les 6 heures suivant le début d’un AVC. Le délai peut se prolonger jusqu’à 24 heures, pour certains cas, après le début des signes et symptômes. Plus l’intervention est rapide, moins il y a de risque de dommage permanent au cerveau. La thrombectomie peut être réalisée en complément de la thrombolyse. Cette technique révolutionnaire a été présentée par le Dr Erwah Kelsoum, responsable de l’activité de neurologie interventionnelle au CHU Henri Mondor à Paris (France).
Hamza B.

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