Foncier industriel à Oran: Les « zones » d’ombre

Dans le cadre des efforts d’assainissement du foncier industriel à Oran, 360 projets ont été annulés ce qui permettra la récupération de 300 hectares de foncier inexploité ; 67 actes de concession ont été également annulés par la justice alors que 401 assiettes foncières ont été récupérées sur une superficie de 165 hectares répartis dans 30 zones d’activités. Ces chiffres ont été révélés par le rapport de la commission du développement local, l’équipement, l’investissement et l’emploi de l’APW présenté lors de la 3e session de cette assemblée.
Oran dispose d’une quarantaine de zones industrielles et d’activités qui s’étendent sur une superficie de plus de 4.600 hectares. Les zones d’activités sont au nombre de 23 dont 8 ont bénéficié de travaux d’aménagement et de raccordement aux réseaux divers alors que 12 autres zones d’activités ont été créées après 2015 et qui ne sont toujours pas encore raccordées aux différents réseaux. Par ailleurs, une zone industrielle de 592 ha est en cours de réalisation à Bethouia alors que 350 milliards de cts ont été débloqués pour son aménagement. Une autre zone similaire est programmée à Tafraoui où une assiette foncière de 120 hectares a été allouée à la réalisation de l’usine Fiat.
Le rapport de la commission est revenu sur la situation de ces zones en soulignant les défaillances observées dans chaque zone qui sont liées en majorité à l’aménagement et au raccordement aux divers réseaux. Pour les trois zones industrielles d’Es-Senia, le rapport affirme que des sorties sur le terrain réalisé en 2019 ont démontré qu’il nécessite des travaux d’aménagement et de réhabilitation de différents réseaux comme celui de l’assainissement ou l’équipement de la station de relevage, à l’arrêt depuis 2007. Le réseau de collecte des eaux pluviales requiert également une opération de d’aménagement et de curage malgré les efforts des agents de la société de gestion Divindus-Zi UGZIA Oran.
Pour l’éclairage public, des transformateurs électriques doivent être réalisés selon le rapport. Pour rappel, près de 200 opérateurs économiques sont implantées dans ces zones en question dont 158 sont en activité et 31 à l’arrêt alors que 9 assiettes foncières ne sont pas encore exploitées. A propos de la zone industrielle de Hassi Ameur, qui s’étend sur plus de 315 hectares, elle abrite 150 opérateurs économiques sur place dont 133 sont en activité.
Des réseaux en panne
Le principal problème observé sur place demeure le réseau d’assainissement puisque le rapport de la commission mentionne que la station de relevage est en panne et en absence des station d’épuration préliminaires des eaux industrielles, c’est le réseau des eaux pluviales qui reçoit actuellement ces eaux, ce qui a entraîné son débordement, dégageant ainsi des odeurs nauséabondes durant la saison des fortes chaleurs, ce qui met en péril la santé publique des citoyens. Le point de rejet de ces eaux au lac Telamine est presque saturé. Le réseau d’éclairage public est aussi en panne vu l’insuffisance des transformateurs électriques et des points lumineux. Concernant le réseau de voirie, il est détérioré à hauteur de 70%, alors que le réseau de téléphonie et d’internet est non fonctionnel à cause du phénomène du vol des câbles.
Quant aux autres zones d’activités, comme celle d’El Kerma qui s’étend sur une superficie de plus de 19 hectares, le rapport de la commission signale l’absence d’une société de gestion et des plaques d’orientation vers cette zone située dans le tissu urbain d’El Kerma. Elle est également dépourvue de réseau de gaz de ville et les autres réseaux existent mais restent dans un mauvais état comme celui de la voirie, de l’assainissement et de l’éclairage public. Un constat identique est fait pour la zone d’activité de Sidi Chahmi.
A Boutlelis, la zone d’activité compte 95 lots pour seulement 14 investisseurs. Elle est dépourvue de voirie et de gaz de ville ; le réseau d’éclairage public n’étant pas également réalisé. Le même constat accompagne la zone d’activité de Misserghine qui ne possède pas de réseau d’eau potable ni de voirie. La zone d’activité d’Oued Tlélat, qui s’étend sur plus de 16 hectares, a un réseau d’eau potable qui est hors service alors que celui de la voire est réalisé, cependant il est en attente de réévaluation. Le réseau d’assainissement se trouve, quant à lui, dans un mauvais état et cette zone n’est toujours pas raccordée au gaz de ville.
Pour la zone d’activité de Tafraoui, elle est également dépourvue de réseau de gaz de ville et d’éclairage public ; la voirie est réalisée à hauteur de 70%. Les réseaux d’assainissement et d’électricité existent mais ils sont actuellement en mauvais état. Pour la zone de Kessiba, elle dispose de 49 lots avec 04 investisseurs seulement. Le dit rapport mentionne que le nombre des lots disponibles est de 34 dont quelques uns sont squattés par une briqueterie. Le réseau d’eau potable et de la voirie, réalisés en 1990, sont détériorés en absence de réseau d’électricité et de gaz de ville.
Les recommandations
Dans le même cadre, d’autres nouvelles zones d’activité ont été réalisées comme à Tafraoui sur une superficie de 87 hectares, composé de 159 lots dont 149 ont été affectés. La zone demeure, par contre, non aménagée avec l’absence des différents réseaux indispensables et fait face au problème de la remontée des eaux. Les nouvelles zones d’activité de Hassi Ben Okba et Menatsia ne sont pas encore aménagés tout comme celle de Hassi Bounif 1. Pour la 2e zone d’activité, la commission a révélé l’existence d’habitations illicites ainsi que l’absence des réseaux divers. La commission a aussi noté plusieurs observations. « L’usine de cuir de l’investisseur Ben Saadoun Mounir n’a pas eu son permis d’exploitation de la part de la direction de l’environnement. Khaldi Houssein, le propriétaire d’une cimenterie est confronté au problème de la cherté de la matière première et l’absence d’aménagement de cette usine, vu la négligence de la part de Divindus malgré qu’elle reçoit 500 millions DA annuellement sans offrir aucun service, a obligé l’opérateur a réaliser l’aménagement de la route et à trouver des solutions aux problèmes d’électricité et d’eau avec ses propres moyens. Il existe une éventualité d’exportation de ces produits, si les contraintes administratives son levées, mentionne le rapport.
Pour rappel, dans le cadre des réunions de la commission de wilaya de la levée des contraintes qui pénalise l’exploitation des projets d’investissement, 12 réunions ont été tenues ce qui a permis l’étude de 284 projets d’investissements. 226 projets ont ainsi pu être débloqués ; 106 projets finalisés dont 25 ont été mis en exploitation ; 48 autres en cours de réalisation et 14 projets orientés vers la commission nationale.
Dans le cadre de l’accompagnent des projets d’investissements entre 2011 et 2023, 4.059 dossiers d’investissement ont été déposés, dont plus de la moitié dans l’industrie et 20% dans le tourisme. La commission a émis plusieurs propositions pour améliorer le climat d’investissement à Oran en appelant à plus de coordination entre les directions concernées afin de mettre fin aux contraintes pour la création d’une véritable dynamique d’investissement. Elle a aussi appelé à la mobilisation des moyens financiers nécessaires pour la réalisation des travaux d’aménagement des zones d’activités et la création d’un organisme supplémentaire pour leur gestion. Par ailleurs, elle a proposé la réalisation d’une voie routière reliant la RN11 au pôle économique de Betouhia ainsi que l’amélioration du raccordement des zones aux réseaux d’assainissement et de collecte des eaux pluviales et l’aménagement de la voirie et des entrées dans toutes les zones d’activités.
En outre, la commission préconise de prendre des mesures sévères à l’encontre de chaque investisseur qui n’entame pas la réalisation de son projet dans un délai de 06 mois. Elle a également incité à la réalisation de stations d’épuration des eaux industrielles dans plusieurs zones activités. Parmi ses recommandations, la signature d’une convention de jumelage entre Oran et Ain Témouchent dans le cadre de la mutualité régionale pour l’aménagement d’une zone industrielle qui s’étendra sur plus de 1100 hectares.
Hamza. B
