Marché des légumineuses: Une stabilité précaire malgré les mesures prises

Pour stabiliser le marché des légumineuses et contrer la spéculation, l’Etat a procédé à une batterie de mesures, dont l’importation d’importantes quantités de légumes secs.
Cependant, malgré ces actions, la pénurie persistait jusqu’à récemment. Les haricots blancs et les pois chiches, en particulier, étaient introuvables dans la plupart des commerces de la wilaya d’Oran à titre d’exemple. Seules quelques quantités limitées étaient disponibles dans les points de vente du groupe Agrodiv. Toutefois, ces produits étaient distribués tôt le matin, et déjà vers 11 heures, ils étaient épuisés, laissant les étals vides.
Ce n’est que récemment que ces produits ont refait surface dans les commerces, mais à des prix jugés très élevés. Les haricots blancs étaient vendus à 450 dinars le kilo, tandis que les pois chiches se vendaient entre 500 et 550 dinars le kilo, des tarifs bien au-dessus de ceux fixés par l’État.
Cette situation met en évidence la fragilité de la distribution et la difficulté à maintenir les prix conformes aux directives gouvernementales. Pour garantir une réelle stabilité dans la distribution et la régulation des prix de ces produits de large consommation, les autorités compétentes doivent redoubler de rigueur envers les spéculateurs. Ces derniers semblent prêts à tout pour élargir leurs marges de profit, au détriment des citoyens, déjà fortement affectés par le coût de la vie.
Cette série de hausses de prix contraste nettement avec les efforts déployés par le gouvernement pour stabiliser le marché des légumineuses. Les disparités entre les tarifs imposés par l’État et ceux pratiqués dans les commerces soulignent le défi persistant de contrôler efficacement ces fluctuations.
La solution passe-t-elle par l’importation ?
Un pas significatif a été entrepris par l’État pour contrer la flambée des prix des légumes secs. Face à une pénurie qui a ébranlé le marché, une initiative majeure a été lancée. Un navire a déchargé 10.000 tonnes de pois chiches et 6.000 tonnes de lentilles au port d’Alger, ce jeudi. Ces importations massives visent à réguler le marché national, conformément à un communiqué du ministère de l’Agriculture et du Développement rural.
Ces efforts ne se limitent pas à Alger. Un autre navire, transportant 5.000 tonnes de légumineuses, a également accosté au port de Mostaganem, renforçant ainsi cette volonté de réguler le marché. Cette démarche, prévue jusqu’à la fin de l’année en cours, aspire à constituer une réserve stratégique pour répondre aux besoins nationaux en légumineuses jusqu’au 31 décembre 2023.
Cette action émane d’une préoccupation croissante face à l’envolée des prix des légumineuses. Autrefois, les lentilles se vendaient à moins de 300 dinars le kilo, mais récemment, le prix a grimpé jusqu’à 400 dinars. Cette hausse a alimenté les inquiétudes des citoyens, surtout dans un contexte où le pouvoir d’achat est déjà sous pression à cause de l’augmentation des prix de l’ensemble des produits de large consommation.
Rappelons que le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Mohamed Abdelhafid Henni, avait réagi face à cette situation. Lors d’une réunion, le 17 septembre dernier, en présence des principaux acteurs du secteur, il avait ordonné des mesures strictes dont une distribution urgente et à des prix fixes des légumineuses au niveau national.
Le ministre avait alors souligné l’importance de cette démarche, notant la nécessité d’une coordination étroite entre les divers acteurs économiques pour maintenir des prix de référence pour ces produits dans tous les points de vente. Cette décision a été prise après constatation de l’abondance de légumineuses à l’Office Algérien Interprofessionnel des Céréales (OAIC), responsable de l’importation exclusive de ces denrées. Le ministère avait également confirmé la disponibilité adéquate de légumineuses et de riz au sein de l’Office.
En parallèle, le ministre avait rassuré l’opinion publique sur la stabilité des prix à venir des légumineuses, soulignant que ces prix sont fixés par l’État. Rappelons que le président de la République avait restreint l’importation de légumineuses en dehors de l’OAIC, garantissant une fixation précise des tarifs. Le ministère s’est également concentré sur la distribution à travers l’ouverture progressive de points de vente dans toutes les communes du pays. Ces points de vente permettent une vente directe au consommateur, soutenue par l’OAIC.
Pour éviter toute spéculation, l’Office avait émis une note détaillant les prix officiels des légumes secs et du riz destiné aux entreprises, aux grossistes, aux détaillants et aux consommateurs. Cette démarche vise à garantir une stabilité des prix tout au long de la chaîne d’approvisionnement, de la production à la vente au consommateur final.
Il est important de souligner que malgré les mesures déjà prises, il demeure un besoin pressant d’augmenter les efforts des autorités pour garantir un approvisionnement constant de ces produits alimentaires essentiels à des tarifs raisonnables. Cette mission constitue un défi considérable, nécessitant un contrôle renforcé afin de protéger les consommateurs contre les pratiques spéculatives qui mettent en péril leur pouvoir d’achat et leur qualité de vie.
B. Bakhta
