Un sioniste contre trois Palestiniens: Hamas impose sa trêve à Ghaza

Premier signe réel de répit après plus d’un mois et demi de l’agression contre Ghaza, le Qatar a annoncé, hier, le succès des efforts de médiation pour parvenir à un accord pour une trêve humanitaire entre la Résistante palestinienne et l’entité sioniste dans la bande de Ghaza, qui se poursuivra pendant 4 jours, rapporte l’agence de presse qatarie QNA.
Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères du Qatar, l’accord prévoit dans un premier temps l’échange de 50 prisonniers de l’entité sioniste dans la bande de Ghaza, contre la libération d’un certain nombre de femmes et d’enfants palestiniens détenus dans les prisons de l’occupation. Le nombre de personnes libérées sera augmenté au cours des étapes ultérieures de la mise en œuvre de l’accord, a-t-on ajouté. Certaines sources évoquent « la libération de 150 femmes et enfants » détenus dans les prisons israéliennes contre 50 des 240 personnes faites prisonnières lors de l’incursion des combattants de la Résistance palestinienne en territoire occupé, le 7 octobre dernier. Par ailleurs, un haut responsable de la Maison Blanche a indiqué à l’AFP que l’accord inclut la libération de trois Américaines dont une enfant.
Le ministère qatarien a indiqué que la trêve humanitaire permettra également l’entrée d’un « plus grand nombre de convois humanitaires et d’aide d’urgence, y compris du carburant », Ghaza étant confrontée à un siège total imposé par l’entité sioniste et à une agression barbare depuis le 7 octobre. Dans un communiqué, le mouvement de résistance palestinien, Hamas, a précisé que « les dispositions de cet accord ont été formulées conformément à la vision de la résistance et de la détermination qui visent à servir notre peuple et à renforcer sa ténacité face à l’agression ». Les dirigeants palestiniens ont salué cet accord, selon l’agence de presse palestinienne, Wafa. Le secrétaire du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hussein Al-Sheikh, a déclaré que « le président Mahmoud Abbas et les dirigeants saluent l’accord de trêve humanitaire et apprécient les efforts du Qatar et de l’Egypte qui ont été déployés ». « Nous renouvelons l’appel à une cessation complète de l’agression (sioniste) contre le peuple palestinien, l’entrée de l’aide humanitaire et la mise en œuvre d’une solution politique basée sur la légitimité et la souveraineté », a-t-il poursuivi. Pour sa part « Le gouvernement sioniste a approuvé les grandes lignes de la première étape d’un accord selon lequel au moins 50 personnes seront libérées pendant quatre jours, au cours desquels il y aura une accalmie dans les combats », selon un communiqué en hébreu du gouvernement sioniste transmis à l’Agence France-Presse.
Réactions internationales
De nombreux pays se sont félicités de l’accord de trêve humanitaire dans la bande de Ghaza, après moult appels lancés par la communauté internationale dans ce sens depuis le début de l’agression sioniste à Ghaza le 7 octobre qui a fait, à ce jour, selon un dernier bilan officiel, plus de 14.100 martyrs, dont plus de 5.840 enfants et 3.920 femmes, plus de 33.000 blessés et plus de 6.800 disparus. Dans le monde arabe, l’Egypte et la Jordanie notamment ont salué « le succès de la médiation » ayant mené à un accord « pour mettre en place une trêve humanitaire » à Ghaza, pourvu qu’elle puisse mettre un terme à l’agression, au ciblage et au déplacement forcé des Palestiniens. La diplomatie jordanienne a souligné l’importance de « veiller à ce que l’accord contribue à assurer l’arrivée d’une aide humanitaire adéquate dans toutes les zones de la bande de Ghaza, d’une manière qui réponde à tous les besoins, réalise la stabilité et garantisse que la population de l’enclave reste dans ses lieux de résidence ». Ailleurs, la Russie et la Chine ont elles aussi salué l’accord de trêve, y voyant un « développement positif », espérant que cette pause permettra d’apaiser la crise humanitaire, contribuera à la désescalade et réduira les tensions. Pour Berlin, cette trêve est « une avancée » et « doit être utilisée pour apporter l’aide vitale nécessaire aux habitants de Ghaza », tandis que Londres a qualifié l’accord d’ « étape cruciale » pour « résoudre la crise humanitaire à Ghaza », appelant à « ce que l’accord soit respecté dans son intégralité ».
En attendant…
En attendant l’entrée en vigueur de cette trêve, les bombardements de l’occupant sioniste se poursuivaient pour la 7e semaine consécutif dans la bande de Ghaza, où « une véritable tragédie humanitaire » se profile. Selon Wafa, plus de 81 Palestiniens, dont la majorité étaient des enfants et des femmes, sont tombés en martyrs au cours de ces dernières heures, de nombreux d’autres ont été blessés et des dizaines de maisons, de bâtiments, d’appartements résidentiels et de propriétés publiques et privées ont été détruits dans les attaques sionistes terrestre, maritime et aérien. Les uns parlent de « trêve », les autres d' »accalmie ». Si les mots sont différents, une question reste : les armes vont-elles se taire, même brièvement ? Ces trêves sont toujours fragiles. En 2014, les cessez-le-feu avaient été régulièrement rompus par l’entité sioniste. La moindre étincelle peut remettre le feu aux poudres. Quoi qu’il en soit, cette « trêve » ou cette « accalmie » n’entrera pas en vigueur avant demain vendredi 23 novembre au matin, d’ici là, les bombardements lâches devraient continuer.
B.S.
