10ème Séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique Ghaza met à nu le système international actuel
Le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’Etranger, Ahmed Attaf, est revenu, hier, sur la situation dans la bande de Ghaza, lors de son intervention en marge de l’ouverture, à Oran, du 10ème Séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique. Le ministre s’est interrogé sur les causes pour lesquelles les Palestiniens restent privés d’une protection garantie par le droit international.
« Dans les territoires palestiniens occupés, Ghaza est devenue le cimetière des principes juridiques fondamentaux sur lesquels repose le système international actuel, censé être un référent auquel tous devraient se soumettre sans discrimination », indique M. Attaf. « Comment les civils palestiniens peuvent-ils être privés du droit à la protection garanti par le droit international pour les peuples sous occupation ? Comment les appels du Secrétaire général des Nations unies restent-ils sans réponse et comment l’occupation israélienne profite-t-elle de toutes les facilités pour éliminer tout un peuple sans aucune responsabilité ou reddition de comptes ? », s’est-il interrogé.
Le chef de la diplomatie algérienne estime, en outre, que le monde se trouve devant un tournant crucial. « Nous sommes incontestablement face à un tournant crucial qui déterminera inévitablement le futur de l’ensemble du système international, fondé sur les règles, les normes et les mécanismes régis par la Charte des Nations unies » a-t-il analysé. Il s’est également questionné sur « les répercussions graves de la résurgence de la politique de polarisation entre les puissances mondiales, avec des conséquences catastrophiques découlant du recours croissant à l’utilisation de la force comme moyen de résoudre les conflits et le mépris, voire le piétinement, de la légitimité internationale, ainsi que la minimisation des responsabilités inhérentes à l’appartenance à un ordre international civilisé ».
Le droit international
Le ministre des Affaires étrangères a rappelé que l’Algérie s’est engagée à représenter l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU en 2024. « En coordination avec la République du Mozambique et la Sierra Leone, l’Algérie s’engage à représenter l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU, renforçant l’influence du continent dans le processus décisionnel mondial. L’ONU a aujourd’hui plus que jamais besoin de la voix africaine, la voix de la sagesse, de l’engagement et de la responsabilité, face à la crise du système de sécurité collectif et à l’impasse du Conseil de sécurité dans sa capacité à répondre aux défis actuels ».
Le ministre est revenu sur l’importance du séminaire d’Oran qui reflète encore une fois « une plateforme de dialogue constructif et incubateur de discussions riches entre les acteurs régionaux et internationaux dans les domaines de la paix et de la sécurité ». Cet événement durant une décennie, a-t-il affirmé, « a mûri les idées, consolidé les visions, et lancé des initiatives pour résoudre les problèmes africains, en favorisant la coordination et en renforçant la voix unie des membres africains au Conseil de sécurité de l’UA. L’Algérie continuera sincèrement à soutenir cet effort africain collectif et contribuera à assurer les conditions de sa réussite ». Il est également revenu sur les défis sécuritaires en Afrique qui « ont pris des proportions graves et préoccupantes récemment, en raison de l’intensification des interventions étrangères et des conflits d’intérêts qui ont entraîné un déclin sans précédent de la paix et de la sécurité sur le continent. Il est indéniable que l’Afrique traverse une période délicate, mêlant espoirs et défis, notamment avec les progrès réalisés dans la concrétisation du projet d’intégration continentale et les efforts en cours pour activer la Zone de libre-échange continentale, outil complet pour réaliser le développement économique et le bien-être social en Afrique. Face à ces évolutions, nous devons traiter cette réalité nouvelle avec responsabilité, fermeté et rigueur, en nous guidant par les valeurs, les principes et les idéaux qui sous-tendent notre organisation continentale, pour encadrer notre action collective en Afrique et réguler nos relations avec le reste du monde ».
Les défis sécuritaires
Dans cette perspective, l’Algérie, sous la direction du président Abdelmadjid Tebboune, estime que la réalisation du projet d’intégration et d’unité africaines doit être associée à des mesures concrètes permettant à l’Afrique de jouer un rôle influent dans la reconstruction des équilibres mondiaux et de contribuer à la formulation d’un nouvel ordre international où l’Afrique ait une voix audible, une sécurité préservée et un rôle assuré dans le processus décisionnel international, a jouté le ministre. Pour atteindre cet objectif, le continent, selon Ahmed Attaf « n’a pas d’autre choix que de renforcer son unité, de consolider sa position et d’unifier sa voix pour éviter les effets des tensions et polarisations actuelles. Cela vise à atteindre ses objectifs stratégiques, notamment la correction des injustices historiques subies au Conseil de sécurité. Il s’agit également d’activer des solutions africaines pour les problèmes sécuritaires, politiques et économiques, transformant ainsi l’Afrique en une puissance mondiale conformément à l’Agenda 2063 ».
Notons que le Séminaire d’Oran a enregistré la présence du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Gambiens à l’étranger, Mamadou Tangara, en sa qualité de président du Conseil de paix et de sécurité de l’UA pour le mois de décembre en cours, ainsi que le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, l’Ambassadeur Bankole Adeoye, le ministre délégué aux Affaires étrangères et à l’Intégration régionale de la République du Ghana et coordonnateur des membres africains au Conseil de sécurité de l’ONU, Kwaku Ampra Twum-Sarpong. Cette rencontre comprend également une participation de haut niveau, notamment ministérielle, d’Etats membres du Conseil de la paix et de la sécurité de l’ UA, ainsi que des membres africains du Conseil de sécurité des Nations Unies, en plus d’experts et de hauts représentants d’instances africaines et de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Hamza. B
