Ce que j’en pense: Fils de Zaïd va.
Par Moncef Wafi
Le masque est tombé du masque et du masque
Le masque est tombé
Tu n’as pas de frères, mon frère, pas d’amis
Mon ami. Tu n’as pas de fortifications
Tu n’as pas d’eau, pas de médicaments, pas de ciel, pas de sang, pas de voiles
Pas d’avenir ni de passé
Assièges celui qui t’assiège… nulle autre issue
Ton bras est tombé. Ramasse-le
Et frappes ton ennemi… nulle autre issue
Et je suis tombé près de toi, alors relève-moi
Et utilise-moi pour frapper ton ennemi…
Cette traduction libre de quelques vers du poème de Mahmoud Darwich, « Le masque est tombé », illustre merveilleusement bien la situation actuelle du pompeusement Monde arabe. Ce n’est pas que Darwich avait une boule magique pour connaître l’avenir ni n’était un fin analyste de la géostratégie régionale et mondiale, mais à son époque, les dirigeants arabes arboraient un masque sur un masque sur un autre masque rendant difficile voire impossible l’identification première de leurs intentions. Le masque empêchant, de fait, cette reconnaissance et annulant la personnalité du visage qui se cache derrière.
On s’est alors caché, pendant des décennies, derrière le masque pour rire en catimini des malheurs des frères ou pour pleurer en cachette les défaites d’un allié tu. On est devenu par définition le félon, le traitre à la Patrie, celui qui vend la Cause, le baiser de Judas, les écoutes de Hassan II et les armoiries de la Ligue arabe. C’était à l’époque de Darwich, mais plus maintenant.
Les masques ne sont pas tombés, ils ont juste été enlevés pour que les véritables traits du visage apparaissent au grand jour. On n’a plus besoin de se cacher ni d’avoir peur de se faire cracher dessus lorsqu’on parcourt les allées immondes des Palais arabes. On sort du placard et on affiche publiquement son identité, ses préférences et ses soumissions.
Alors que la famine ronge les entrailles des habitants de Ghaza et que ses enfants meurent littéralement de faim, les fils de Zaïd ont envoyé des tonnes de produits divers dont des fruits et légumes frais vers Israël, en transitant par l’Arabie Saoudite et la Jordanie. Le pays qu’on appelait, il n’y a pas si longtemps, les Etats de la trêve, est l’illustration parfaite de l’Arabe sioniste, caricature vénale du bédouin, dague entre les dents, se faufilant la nuit pour poignarder son frère endormi sous sa tente. Un semblant de pays dont 90% de résidents sont des expatriés et qui sert d’avant-poste aux Américains dans le Golfe. A ce titre, il n’est pas seul puisque tous les autres bantoustans du désert font également office de serpillères aux rangers des GI.
Et autant leur influence intrinsèque a l’importance d’un pet de chameau, autant leur degré de nocivité est proportionnelle à leur besoin de vassalité. Les Emirats dépensent sans compter pour satisfaire les desseins stratégiques de l’entité et des Américains, injectant dollars et armes pour noyer le Soudan, la Syrie et la Lybie dans le sang des frères. Elevant des idoles pour remplacer la Kaaba et s’agenouillant, museau dans le sable, devant le nouveau roi de Yathrib.
Puisque les masques ont été remisés, ne restent à ces visages de malheur que de s’arracher l’épiderme pour nous montrer leur véritable identité de saurien.