Dr. Haï Saliha, addictolgogue, à Algérie Presse : « Le nombre des cas a quadruplé en 2023 »

Entretien réalisé par B. Hamza

Dr. Haï Saliha, addictologue à la clinique de Akid Lotfi (EPSP ES-Seddekia) revient, dans cet entretien, sur le phénomène des drogues notamment les psychotropes qui sont en train de prendre des proportions alarmantes. Le nombre des cas de jeunes souffrants et désirant bénéficier de cures de désintoxication a considérablement augmenté.

Algérie Presse: Parlez-nous de votre service qui reçoit beaucoup de jeunes ?
Dr. Haï Saliha: Notre présence à cette journée de sensibilisation contre la drogue, organisée par la Radio d’Oran, s’inscrit dans un but de prévention et même d’information en direction des jeunes. Comme quoi, il y a des centres étatiques qui prennent en charge les addicts et puis les centres qui sont vraiment professionnels, c’est-à-dire qu’on est formé que dans l’addictologie. Donc, bien sûr, la prise en charge est psychologique et médicale, durant une période pendant laquelle le patient est pris en charge. On l’aide à arrêter les drogues, on va le traiter, on va l’accompagner jusqu’à sa réinsertion dans son environnement professionnel avec l’aide aussi des associations et même des établissements étatiques.

Qu’elle est la durée en moyenne d’une cure de désintoxication ?
Elle dure minimum trois mois, parce que lorsque le patient se présente, on va l’évaluer d’abord sa motivation et ses craintes. Donc la psychologue va travailler avec lui. Le traitement de substitution durant la période de sevrage physique est important et il dure généralement un mois de désintoxication physique. Au deuxième mois, on procède bien sûr à la stabilité psychique et à la continuation de sa prise en charge. On a beaucoup de cas qui sont totalement abstinents maintenant et qui sont bien réintégrés socialement et professionnellement, et je dirais que sur une dizaine de patients, au moins on a cinq patients qui arrivent à s’en sortir. L’autre moitié, en général, c’est entre les rechutes et les perdus de vue. Donc les rechutes, on les reprend en charge, on travaille justement sur cette rechute, et on pourra même obtenir des résultats positifs. Il faut savoir que la rechute fait partie du projet de soins et la majorité des patients, dans les trois premiers mois de sa prise en charge, nous font des petites rechutes. Mais sur ça, nous, on travaille avec lui, on le reprend et on le motive.

Combien vous recevez actuellement de jeunes au niveau du service ?
Croyez-moi, je dirais que cette année est exceptionnelle par rapport aux journées de sensibilisation et d’information organisées par l’État. Le taux de demandeurs de soins en termes d’addictos a presque quadruplé ou plus. On avait 500 à 600 cas par an. Aujourd’hui, les 500 cas, on les fait par mois. Ce sont des jeunes qui souffrent, qui demandent des soins. Et notre but, c’est que le message passe à tout le monde, comme quoi l’addiction est une maladie chronique et qu’il faut la prendre en charge sur le plan médical et psychologique.
H.B

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