Attal Abdennour, Secrétaire général de l’Anexal à Algérie Presse: « Les perspectives sont plus prometteuses pour les futures zones franches »

Entretien réalisé par Hamza. B

Attal Abdennour, économiste et Secrétaire général de l’Association nationale des exportateurs algériens « Anexal » revient dans cet entretien sur l’importance de la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de créer cinq zones franches entre l’Algérie et les pays africains, en l’occurrence la Mauritanie, la Tunisie, la Libye, le Mali et le Niger. Il évoque également la situation actuelle des exportations en Algérie et ses perspectives notamment sur le marché africain.

Algérie Presse : Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a donné récemment à Tindouf, avec son homologue mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le coup d’envoi du projet de réalisation de la route reliant Tindouf et Zouerate. Que représente ce futur projet pour les deux pays ?
Attal Abdennour : Cette nouvelle route, une fois achevée, va permettre aux opérateurs mauritaniens et algériens de pouvoir développer et déplacer leurs produits sur les deux marchés. De même dans le cadre de partenariats pour faciliter l’accès aux matières premières issues de certains pays africains, dont des prix plus abordables, au lieu que ces mêmes matières premières transitent par l’Europe pour nous être ensuite revendues à prix forts. Ce qui est désolant, c’est de constater que ces matières premières sont juste à proximité. Nous pourrions les transformer pour apporter une valeur ajoutée et les utiliser pour des produits semi-finis ou finis. Ces partenariats entre les producteurs des deux pays peuvent également aboutir à des industries légères. D’une manière générale. Ce projet va révolutionner les relations économiques entre l’Algérie et la Mauritanie. C’est le souhait de tous les opérateurs algériens de voir ces accords signés et c’est un grand pas pour développer le commerce frontalier et développer le commerce africain et interafricain.

Qu’en est-il des zones franches ?
Il y a encore cinq zones franches qui sont à l’étude, qui ont été proposées dans le cadre du décret. Le président de la République en a déjà parlé. Il faut traiter ces dossiers plus en profondeur. Il faudrait qu’elles soient à proximité des matières premières locales pour permettre aux communes et aux localités de les retraiter, de les utiliser et créer aussi des productions, de l’emploi dans les deux côtés, que ça soit du côté libyen, tunisien ou malien. Les perspectives sont encore beaucoup plus prometteuses. On commence déjà par la première expérience avec la Mauritanie et une fois, les résultats constatés, les choses devront avancer pour les autres zones franches. Mais toujours est-il qu’il faut rappeler que les zones franches sont des zones économiques qui vont intégrer les potentialités de chaque pays, qui vont être retraitées et redynamisées. Des produits qui vont, grâce à ces zones, se retrouver sur les marchés interafricains. Ces futures zones franches vont permettre une stabilité interne pour avancer dans les projets économiques.

Quel est justement l’apport de ces zones franches dans les échanges commerciaux entre les pays africains ?
Vous savez que les échanges entre les pays africains ne dépassent pas les 10%. Pour le marché local, les produits sont évalués en toutes taxes. Mais quand ils sont destinés à l’export, ils vont être exemptés des droits de douanes. Vous savez que maintenant, il y a des pays qui souhaiteraient ardemment et vivement, d’une manière encore dynamique, transformer les matières premières qui existent dans ces pays. C’est ça la clé des échanges entre les pays africains. La zone franche va permettre des flux de matières premières, de semi-produits, de produits finis, de formation, de savoir-faire, de main-d’œuvre spécialisée, développer encore des flux, en dehors des flux de marchandises, des flux financiers. Il peut y avoir aussi des échanges dans les services. Vous savez que les services, des fois, rapportent plus que les produits, par exemple, d’agriculture et autres. Donc nous avons des potentialités. Cela relève de cette force qui est la jeunesse formée notamment dans le domaine des nouvelles technologies. Il y a des concepts, des startups…, qui permettent à ces porteurs de projets de pouvoir les exporter et de faire des échanges, une sorte des passerelles entre les jeunes africains d’abord. La zone franche n’est qu’un maillon d’une longue chaîne dans le cadre du développement économique de l’Afrique.

Quel regard portez-vous sur la politique de la promotion des exportations en Algérie ?
Il existe des efforts entrepris par le Gouvernement, sur instructions du président de la République, pour augmenter ses exportations vers les marchés africains.
Dans le passé, nous étions très peu de producteurs en mesure d’aller à l’export parce que le domaine nous était inconnu. Avec l’expérience, certains ont commencé à s’intéresser à l’export. Certes, les opérateurs ont rencontré des problèmes au niveau local, heureusement qu’ils sont entrain d’être réglés progressivement. Il y a souvent des rencontres pour cela, ainsi la dernière rencontre était avec les services des douanes où il y a eu des discussions avec les représentants de chaque filière, l’agroalimentaire, l’électroménager….

Comment percevez-vous l’avenir des exportations en Algérie ?
Le potentiel existe, il est là. Il faut comprendre que pour pouvoir exporter, il faut d’abord bien produire localement, selon les normes de fabrication et de certification. On appelle ça les techniques à l’export. Au fur et à mesure, plus on avance, plus on rencontre des entreprises qui s’intéressent à l’export. Avant d’exporter, il faut d’abord satisfaire les besoins nationaux. Une fois qu’il y a une production supérieure qui peut être destinée à l’export. Il y a des études qui sont faites par des institutions qui dépendent du ministère du Commerce, qui accompagnent aussi par des études, des informations et des séminaires. Nous avons par exemple la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI) qui est un espace d’échanges d’expériences entre les pays durant toute l’année. Nous avons l’Algex, qui est aussi l’Agence nationale pour la promotion des exportations. Elle apporte des informations. Elle peut donner aussi des études de marché. Nous avons aussi l’ouverture des nouvelles filiales des banques au niveau de la Mauritanie, Sénégal, Mali… Au fur et à mesure, on est en train de les mettre en place. Ce sont des outils, des instruments, des institutions qui aident les opérateurs à faire face à leurs besoins pour réussir dans le monde de l’exportation.

H.B

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