Crimes coloniaux : De la mémoire à l’action politique

 

La secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Affaires africaines, Bakhta Selma Mansouri, a affirmé lundi soir à Alger que la question des crimes coloniaux ne peut se limiter à une simple condamnation morale. Elle doit, selon elle, se transformer en un projet politique, juridique et économique intégré, capable de placer l’Afrique dans une position d’initiative et non
de réaction.

S’exprimant lors de la clôture de la Conférence internationale sur les crimes coloniaux en Afrique, organisée au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, Mme Mansouri a rappelé que les effets du colonialisme restent visibles aujourd’hui dans les trajectoires de croissance et les rapports de force sur le continent. Elle a salué l’initiative du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a accueilli cette rencontre, convaincu que « la justice historique n’est pas un dossier symbolique mais un levier de puissance et un pilier de la construction de la nouvelle Afrique».
La responsable a souligné que les travaux de la conférence ont permis de réorganiser les priorités du continent et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour une action collective. Elle a insisté sur le fait que l’Afrique « ne permettra plus que son histoire soit réécrite en dehors de ses institutions » et qu’elle refuse désormais que sa mémoire soit instrumentalisée.
Mme Mansouri a également relevé l’importance des alliances avec les pays de la région des Caraïbes, estimant qu’il s’agit d’une union capable de peser sur les rapports de force aux Nations unies, dans les tribunaux internationaux et dans la gouvernance financière mondiale.
Sur le plan économique, elle a affirmé que l’avenir du continent est indissociable de la justice historique, les crises actuelles étant en grande partie la conséquence directe des politiques coloniales. La bataille, a-t-elle martelé, « ne porte pas uniquement sur des indemnisations, mais sur la redéfinition des conditions du développement et la rupture des cercles de dépendance ».
La secrétaire d’État a enfin insisté sur la nécessité de renforcer le rôle de l’Union africaine (UA) comme acteur juridique et institutionnel, en s’appuyant sur de nouveaux mécanismes et experts capables de porter des arguments solides sur la scène internationale. Le défi, selon elle, est désormais de transformer la dynamique intellectuelle observée à Alger en une architecture institutionnelle durable.
Ch.G

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