Sahara occidental: Bolton persiste et signe

L’ancien conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, a relancé le débat sur le dossier sahraoui en réaffirmant que l’organisation d’un référendum d’autodétermination constitue l’unique solution légitime au conflit du Sahara occidental.
Dans un entretien accordé au journal espagnol El Independiente, le diplomate a dénoncé l’attitude du Maroc, qu’il tient pour responsable du blocage du processus onusien engagé depuis 1991.
« Il est surprenant que le Maroc refuse depuis plus de 25 ans d’organiser un référendum pourtant simple à mettre en œuvre », a déclaré John Bolton, rappelant que ce processus a été approuvé par les deux parties et inscrit dans les résolutions de l’ONU. Il a également souligné que le référendum n’aurait pas dû être « une tâche insurmontable ».
Ancien acteur clé de la diplomatie américaine, Bolton a rappelé son implication dans la résolution du Conseil de sécurité ayant établi la MINURSO en 1991. Il a aussi évoqué le rôle de l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, qui avait nommé James Baker en tant qu’envoyé spécial pour relancer un processus déjà entravé par Rabat à l’époque, malgré les engagements pris dans les accords de Houston en 1997.
Dans un ton critique à l’égard des Nations unies, Bolton a déploré l’inefficacité de l’organisation à faire appliquer une décision pourtant validée par toutes les parties : « Cela démontre la faiblesse structurelle de l’ONU. Une fois qu’un acteur décide de faire marche arrière, tout l’édifice s’écroule », a-t-il regretté.
Selon lui, le Maroc redoute la perte du référendum, ce qu’il aurait confié à plusieurs émissaires de l’ONU, en privé. Un aveu qui met en lumière, selon Bolton, l’absence de volonté politique de Rabat de permettre l’exercice du droit à l’autodétermination des Sahraouis.
John Bolton a également critiqué la position actuelle de l’Espagne, jugée défavorable à un règlement juste du conflit. « Madrid n’aide en rien à une solution, en soutenant la thèse marocaine alors même que le référendum était un engagement partagé », a-t-il affirmé.
Concernant les États-Unis, Bolton a désapprouvé la reconnaissance par l’administration Trump – maintenue par la suite – de la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, en échange de la normalisation avec Israël. Il a qualifié cette démarche de « calcul politique contraire aux principes du droit international ».
L’ancien responsable américain a conclu en rejetant catégoriquement les tentatives du Maroc et de ses alliés de lier le Front Polisario à des groupes terroristes. « C’est totalement faux. Ce ne sont que des campagnes de désinformation et de propagande », a-t-il affirmé, appelant la communauté internationale à faire preuve de lucidité face à ces manipulations.
T. Feriel
