Le colonialisme, un crime contre l’humanité: L’appel de Tebboune
Lors du 39ᵉ Sommet de l’Union africaine (UA), le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a évoqué les répercussions de la qualification du colonialisme comme crime contre l’humanité. Le discours, lu en son nom par le Premier ministre Sifi Ghrieb, a également mis en lumière la nécessité de reconnaître certains actes liés à l’esclavage, à la déportation et à la colonisation comme des crimes de génocide contre les peuples africains.
Le président Tebboune a salué le travail de la Commission du droit international de l’UA, qui a mené une étude approfondie sur les conséquences juridiques de la criminalisation du colonialisme. Cette initiative découle de la décision 934 adoptée lors de la précédente session de l’UA et vise à inscrire le colonialisme parmi les crimes internationaux les plus graves.
Pour le chef de l’Etat, il s’agit de renforcer les principes de reddition de comptes, de consacrer la non-impunité et de contribuer à une justice historique équitable. Il a appelé à une reconnaissance internationale explicite de la nature criminelle des pratiques coloniales, incluant l’esclavage, la torture, le nettoyage ethnique, la déportation forcée et le pillage systématique des richesses.
Le président a aussi rappelé l’expérience douloureuse de l’Algérie, marquée par 132 années de colonisation de peuplement d’une extrême brutalité. Il a affirmé que son pays est prêt à mettre à disposition des organes africains compétents des documents, preuves matérielles et témoignages historiques pour illustrer l’ampleur des atrocités commises.
Dans le cadre de son mandat aux côtés du Togo, de l’Afrique du Sud et du Ghana, l’Algérie a organisé en novembre dernier une conférence internationale à Alger sur les crimes du colonialisme. Cette rencontre a abouti à l’adoption de « l’Appel d’Alger », qui recommande notamment la reconnaissance officielle des crimes coloniaux, la documentation et la préservation de la mémoire historique africaine, la restitution des biens culturels spoliés et des archives et la prise en compte des impacts environnementaux et économiques des politiques coloniales.
M. Tebboune s’est félicité de l’adoption de la proposition algérienne visant à instituer le 30 novembre comme journée africaine officielle d’hommage aux martyrs du colonialisme. Cette initiative vise à ancrer la conscience historique chez les nouvelles générations et à préserver la mémoire des sacrifices consentis par les peuples africains.
Le président a insisté sur le caractère imprescriptible des crimes graves tels que les exécutions extrajudiciaires, la torture, le viol, les essais nucléaires sur les civils et le pillage des richesses. Pour lui, la reconnaissance de la vérité historique est un devoir moral et juridique, préalable indispensable à des relations internationales équilibrées et fondées sur le respect mutuel.
T. Feriel
