Crise avec le Mali : Les conséquences du putsch de 2020

Le politologue, Dr. Mustapha Saïdj a estimé que ce qui se passe actuellement au Mali est la conséquence d’une gestion par une junte militaire issue d’un coup d’État survenu en 2020, et qui n’a toujours pas réussi à établir une feuille de route claire pour la transition. Il a souligné que l’Algérie, malgré cela, a toujours agi dans le respect du principe de la souveraineté régionale du Mali et de celle de tous les pays africains sur leurs territoires, tout en refusant toute forme d’intervention militaire.
Invité ce mardi sur Radio Algérie Internationale, Dr. Saïdj, professeur en sciences politiques et relations internationales à l’université d’Alger, a déclaré que la décision de l’Algérie de fermer son espace aérien au Mali et de rappeler ses ambassadeurs s’inscrit dans un cadre diplomatique et souverain parfaitement assumé.
Il a également rappelé que « la main de l’Algérie a toujours été tendue envers ses frères africains », œuvrant avec sérieux à renforcer les relations avec les pays voisins, à résoudre les crises dans la région du Sahel, sans ingérence dans les affaires internes des États, ni tolérance envers les agendas extérieurs. L’Algérie, a-t-il insisté, a toujours soutenu l’unité territoriale et l’intégrité du peuple malien.
Cependant, selon lui, « c’est cette junte militaire issue du coup d’État qui a fabriqué la crise avec l’Algérie, pour des motifs étroits, visant à masquer son absence de projet ou de vision pour l’avenir du pays et de la région ».
Dr. Saïdj a ajouté que les putschistes maliens ont entraîné le Niger et le Burkina Faso dans leur sillage, sous prétexte d’un accord trilatéral visant à constituer un système de défense commun contre le terrorisme. Mais à ses yeux, « cette alliance est fragile, et n’a pas orienté ses priorités vers les véritables enjeux stratégiques ».
Enfin, il a affirmé que l’implication du Mali dans l’Alliance des États du Sahel contre l’Algérie, à ce moment précis, s’inscrit dans le cadre d’un plan orchestré par le régime du Makhzen (Maroc), avec ses alliés, pour déstabiliser l’Algérie dans son voisinage sud, et transformer ces pays en instruments au service de régimes hostiles à l’Algérie, dans le but de saboter les projets d’intégration et de développement dans la région.
M. Salah
