Littoral algérien : Des noyades en série

Depuis le début de la saison estivale 2025, le littoral algérien est frappé par une série noire de noyades. Ce vendredi 8 août, trois hommes, âgés de 14, 18 et 63 ans, ont trouvé la mort à la plage de Bahdja Ouest, dans la commune de Hadjadj (Mostaganem), victimes d’une mer agitée et de conditions maritimes particulièrement dangereuses.

Ce drame illustre malheureusement une tendance lourde : les noyades se multiplient et soulignent une problématique majeure de sécurité publique.
En effet, le bilan des noyades sur la période juin-juillet est alarmant. Selon la Protection civile, environ 130 décès ont été recensés entre le 1er juin et fin juillet, dont près de 76 uniquement en juillet. Sur ces chiffres, 96 noyades se sont produites en milieu marin, dont 75 décès sur les plages, tandis que 39 victimes sont décédées dans des plans d’eau intérieurs comme les barrages ou réserves d’eau. Pour rappel, en 2024, 324 personnes sont mortes noyées, un chiffre qui représente une augmentation significative par rapport à 2023, où 214 décès par noyade avaient été enregistrés.
Plus grave encore, la majorité des noyades en mer surviennent en dehors des zones surveillées : sur les 75 décès en mer, 36 ont eu lieu sur des plages interdites à la baignade, 19 en dehors des heures de surveillance, et 5 malgré la présence de drapeaux rouges interdisant la baignade. Ces chiffres révèlent un non-respect criant des consignes de sécurité, souvent au prix de vies humaines.
Depuis le début du mois d’août, la situation des noyades demeure préoccupante, avec une recrudescence des incidents sur les plages et dans les plans d’eau. Selon les derniers rapports de la Protection civile, entre le 1er et le 3 août, 14 personnes ont perdu la vie par noyade en mer, tandis que 4 autres sont décédées dans des réserves d’eau. Au total, 2 153 personnes ont été secourues, dont 1 185 ont été traitées sur place et 207 évacuées vers des structures sanitaires locales.
Géographiquement, les wilayas telles que Mostaganem, Oran, Béjaïa, Annaba et Skikda ont été les plus affectées par ces drames, en raison notamment des conditions météorologiques difficiles et de la forte fréquentation estivale.
Les victimes sont souvent des mineurs : près de la moitié des décès concernent des enfants ou adolescents, ce qui souligne l’importance capitale de la vigilance parentale. Le profil des victimes témoigne aussi d’une imprudence générale, parfois aggravée par la méconnaissance des dangers liés à la mer agitée et aux courants sous-marins.
Face à ces tragédies, les services de secours multiplient leurs interventions. Plus de 24 000 opérations de sauvetage ont été menées depuis juin, permettant de sauver près de 17 000 personnes. Rien que durant la semaine du 20 au 26 juillet, près de 5 000 personnes ont été secourues, dont plusieurs centaines évacuées vers les hôpitaux.
Pourtant, malgré ces efforts, les campagnes de sensibilisation peinent à modifier durablement les comportements. Les autorités appellent à une responsabilité individuelle accrue et rappellent que la baignade doit impérativement respecter les consignes, notamment en évitant les zones non surveillées ou interdites, et en tenant compte des alertes météorologiques.
Ce triste été est un cri d’alarme : la sécurité des baigneurs, et en particulier des jeunes, ne peut être garantie que par une vigilance partagée, entre autorités, familles et estivants. La mer, aussi attirante soit-elle, n’est jamais un terrain de jeu sans risques. Il est urgent que chacun prenne conscience de cette réalité pour que cessent ces drames évitables.
Djamel Hamdan

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