Ce que j’en pense: Notre attention, SVP !

Par H. Yousria

Il semble que nous vivions une époque de tourbillon, en grande partie attribuable à l’omniprésence de la technologie. Grâce ou à cause d’elle, nous sommes constamment exposés à ce qui se passe dans le monde, sans avoir le temps de tout intégrer. Nous passons d’une crise à l’autre. Pourtant, depuis le 7 octobre, une petite partie du monde a capté notre attention de manière extraordinaire. Cet événement, comme un raz-de-marée, a submergé nos vies de photos, de données, d’opinions, et souvent de leçons morales, bouleversant nos esprits et nos consciences.
Nous défilons à travers des images, nous regardons les actualités, nous écoutons les analyses, nous suivons les positions, les silences et les neutralités apparentes. Nous devenons conscients de l’hypocrisie de certains, des menaces bruyantes des autres, qui, bien qu’énoncées avec fracas, ne le sont pas tant que ça ; c’est simplement que les espaces vides amplifient le son et la confusion au milieu. C’est au cœur de cette confusion que nous sommes confrontés au concept de l’autre, l’humain moins digne, un concept vieux comme le monde, l’un des plus grands succès du fascisme. Il s’agit de la tentative des systèmes qui détiennent le pouvoir de convaincre des individus dépourvus de pouvoir que leur pouvoir est menacé par d’autres individus tout aussi impuissants.
Cependant, ces systèmes ont besoin de nous pour réussir leur entreprise, car nous, comme les armes, sommes devenus des instruments de guerre. Notre attention est devenue leur munition, et notre conscience en est le prix à payer. Nous ne sommes pas de simples spectateurs, mais le moteur qui alimente la haine et la colère. Dans un monde alimenté par la haine, nous contribuons à la perte de l’autre.
Alors, avant de défiler vers la prochaine image ou information, prenons le temps de comprendre ce qui est réel, vrai, et juste. Observons l’autre et, dans ce regard, peut-être reconnaîtrons-nous nos propres doutes, souffrances, solitude et humanité. Nous pourrons nous rendre compte que les êtres humains ne sont pas des îles isolées, que nous sommes tous liés les uns aux autres, et tendre la main vers l’autre pourrait peut-être, certainement sauver ce foutu monde, mais plus important encore, cela pourrait être la clé pour nous sauver nous-mêmes…

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