Affaire des 67 harragas de différentes nationalités : 10 mois de prison pour les mis en cause
Jugés en deuxième instance par la chambre pénale près la cour d’Oran, 67 mis en cause poursuivis dans une vaste affaire d’immigration clandestine ont été condamnés à dix mois de prison ferme, une décision qui vient réviser le verdict prononcé initialement par le tribunal de première instance de Fellaoucene qui leur avait infligé une année de prison.
Les prévenus devaient répondre de chefs d’accusation comme la préparation et l’organisation de traversées clandestines au sein d’une bande criminelle organisée, le trafic d’êtres humains, la non-dénonciation aux autorités compétentes et l’entrée illégale sur le territoire national etc.
La genèse de cette affaire remonte au 14 novembre 2025, lorsque les éléments du service spécialisé dans la lutte contre l’émigration clandestine ont réussi à démanteler cette tentative de traversée illégale. L’intervention des forces de sécurité avait été promptement déclenchée à la suite d’un appel d’urgence émis sur le numéro vert 1548 par l’un des passagers en détresse, lequel sollicitait des secours en expliquant qu’une embarcation rapide se retrouvait totalement immobilisée en haute mer avec des dizaines de personnes à son bord.
Le décompte exact des passagers entassés dans ce semi-rigide a permis de révéler une composition multinationale comprenant 40 Marocains dont 5 mineurs, 12 Pakistanais, 11 Algériens, cinq Sahraouis ainsi que trois Syriens dont un enfant en bas âge.
Les investigations approfondies menées par les services d’enquête ont rapidement déterminé que ces embarcations rapides à forte motorisation de 300 chevaux, plus communément qualifiées d’embarcations fantômes par les spécialistes du milieu, avaient appareillé depuis les côtes de la ville de Tétouan au Maroc pour rallier le littoral d’Oran afin d’y embarquer les voyageurs clandestins qui les y attendaient tapis dans l’ombre.
Cependant, à peine 45 minutes après avoir récupérés, l’une des embarcations a été victime d’une avarie moteur majeure. Face à cette panne mécanique imprévue, le guide de la traversée et les pilotes n’ont pas hésité à abandonner froidement le semi-rigide en détresse et ses occupants en pleine mer pour se réfugier à bord de la seconde embarcation rapide et prendre la fuite.
« Atteindre la côte oranaise »
Interrogé longuement suite à son arrestation par les forces de sécurité, l’un des ressortissants marocains identifié sous les initiales Z.R. a reconnu l’intégralité des faits reprochés, incriminant directement l’un de ses compatriotes nommé Mimouni auquel il avait versé la somme astronomique de 8,5 millions de dirhams pour organiser son voyage.
Le prévenu a en outre détaillé son itinéraire d’entrée en Algérie, expliquant avoir franchi la bande frontalière au niveau de la localité de Touissit. L’ensemble des autres ressortissants marocains appréhendés ont livré des déclarations concordantes lors de leurs interrogatoires, confirmant qu’ils s’étaient entrés sur le territoire algérien dans le seul et unique but d’atteindre la côte oranaise pour pouvoir ensuite traverser vers la péninsule Ibérique.
L’un des prévenus de nationalité marocaine a également apporté des clarifications cruciales sur la logistique de ce réseau transfrontalier, affirmant que la traversée avait été planifiée dans ses moindres détails par des organisateurs marocains installés en Espagne, parmi lesquels figure un certain El Hadj, un individu notoirement connu et déjà cité dans plusieurs affaires judiciaires similaires.
D’autres clandestins marocains ont quant à eux expliqué être entrés de manière totalement légale en Tunisie par voie aérienne, avant de franchir clandestinement la frontière terrestre algérienne pour se rendre jusqu’à la ville d’Oran. De leur côté, les ressortissants syriens et pakistanais ont avoué avoir transité par la Libye avant de poursuivre leur acheminement par étapes jusqu’à Oran où un rendez-vous leur avait été fixé avec les passeurs
Présentés à la barre de la cour d’appel, les mis en cause ont maintenu leurs déclarations initiales devant les juges, affirmant de concert que leur unique motivation était de réussir à gagner l’autre rive de la Méditerranée afin d’y trouver un travail et de refaire leur situation financière.
Face à la gravité des faits, le représentant du ministère public a requis avec fermeté le maintien et la confirmation pure et simple des premières ordonnances rendues par le tribunal, tandis que les avocats de la défense ont axé leurs plaidoiries sur la demande de circonstances atténuantes.
Zemmouri. L
