Transfert des recettes : L’Algérie rassure les compagnies aériennes

Selon les derniers chiffres de l’Association internationale du transport aérien (IATA), les fonds des compagnies aériennes bloqués en Algérie atteignaient 307 millions de dollars à fin octobre 2025, plaçant le pays en tête du classement mondial des États où les compagnies aériennes peinent le plus à rapatrier leurs recettes.

C’est dans la foulée de ce classement que le ministère des Finances a publié, mardi 8 septembre, un communiqué destiné à rassurer l’ensemble des transporteurs aériens opérant sur le territoire national quant à la disponibilité et à la célérité des dispositifs de transfert de leurs recettes vers l’étranger.
Le département de Mohammed Lamine Lebbou affirme que toute demande de transfert régulièrement constituée et déposée auprès de l’établissement bancaire concerné est traitée dans un délai n’excédant pas 24 heures. Les compagnies rencontrant une difficulté sont ainsi invitées à saisir les services du ministère par téléphone, par fax ou via une adresse électronique dédiée, le ministère assurant poursuivre son travail de coordination avec les établissements bancaires pour garantir la bonne exécution de ces opérations.
Le dossier n’est pas nouveau, et sa dégradation s’est faite par paliers bien documentés par l’IATA depuis 2022. À la fin de cette année-là, l’Algérie figurait déjà parmi les cinq pays au monde détenant les montants les plus élevés de devises bloquées appartenant aux compagnies aériennes, avec 140 millions de dollars, loin derrière le Nigeria et ses 551 millions. Fin 2023, la somme avait grimpé à environ 199 millions de dollars, plaçant le pays au troisième rang mondial derrière le Nigeria et l’Égypte. Mi-2024, le montant stagnait autour de 196 millions de dollars, toujours au troisième rang africain. La véritable rupture est intervenue en 2025 : le montant s’élevait à 178 millions de dollars au 1er juin, avant de bondir à 307 millions de dollars à fin octobre, soit une progression de plus de 72 % en un peu plus de six mois. L’IATA a attribué cette accélération à l’instauration d’une nouvelle exigence d’approbation par le ministère du Commerce, venue alourdir des procédures d’autorisation de change déjà jugées complexes, et a explicitement appelé Alger à supprimer ces formalités superflues.
Aucun communiqué équivalent du ministère des Finances promettant un délai de traitement chiffré n’avait été rendu public lors des publications précédentes de l’IATA, que ce soit après le classement de 2022, celui de 2023 ou celui de 2024. C’est donc la première sortie officielle et circonstanciée du ministère sur ce sujet précis.
Cette sortie intervient après plusieurs mois de critiques récurrentes de la part des opérateurs internationaux sur la difficulté à rapatrier les recettes générées en Algérie, une problématique qui pèse directement sur leur trésorerie puisque ces fonds servent à financer des dépenses libellées en devises fortes, notamment le carburant, la location d’appareils et la maintenance. Plusieurs compagnies étrangères continuent néanmoins de desservir le pays, parmi lesquelles Air France, Transavia, ASL Airlines, Qatar Airways, Volotea, Vueling, Saudia, Tunisair et Turkish Airlines.
T. Feriel

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