Ce que j’en pense : Au bout du désert

Par O.A Nadir

Il existe des lieux dont le seul nom impose le silence. Tanezrouft est de ceux-là. Une immensité de pierre et de sable, à l’extrême Sud algérien, où l’horizon semble ne jamais finir. Là-bas, l’homme comprend vite sa fragilité.
C’est dans ce décor que prend tout son sens la décision annoncée par Tebboune, de transformer une ancienne caserne militaire en établissement pénitentiaire de haute sécurité destiné aux grands trafiquants de drogue.
Une décision administrative. Mais un symbole puissant.
Car la drogue ne connaît pas le silence du désert. Elle s’infiltre dans les villes, les quartiers et parfois jusque dans les familles. Elle peut commencer par une promesse, une pilule ou l’illusion d’un argent facile. Puis elle prend tout. La dignité. Les familles. Parfois une vie entière.
Pendant que les trafiquants comptent leurs bénéfices, des parents comptent les nuits sans sommeil. C’est pourquoi cette lutte dépasse les murs d’une prison. Il faut poursuivre les barons. Démanteler les réseaux. Frapper ceux qui ont fait du poison un commerce.
Mais il faut aussi protéger les jeunes avant qu’ils ne deviennent les victimes d’un marché qui prospère sur leur faiblesse. Car une nation forte ne se contente pas de punir. Elle protège aussi son avenir.
Au bout du désert, une ancienne caserne doit changer de vocation. Mais le véritable message doit traverser tout le pays : L’argent passe. Les réseaux tombent. Les fortunes disparaissent. Mais les vies détruites ne reviennent pas toujours.
Dans l’immensité silencieuse de Tanezrouft, le symbole est clair. L’Algérie ne laissera pas ceux qui empoisonnent sa jeunesse écrire son avenir.

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