Arzew : La pêche face à plusieurs défis

À Arzew, l’activité de pêche représente un maillon important de l’économie maritime de la wilaya d’Oran. Mais derrière les débarquements de poissons et l’approvisionnement des marchés, la filière doit composer avec des contraintes portuaires et des prix qui varient selon les arrivages. Le dragage du port constitue ainsi un chantier important pour améliorer les conditions d’activité.
Au cœur du golfe d’Arzew, le port de pêche et de plaisance occupe une place importante dans l’activité halieutique de la région. Sardiniers et chalutiers y assurent une partie des débarquements destinés aux marchés locaux.
Pourtant, l’accumulation de sédiments dans le bassin portuaire complique les conditions de navigation et l’accès des embarcations.
La profondeur disponible dans certaines parties du bassin aurait atteint environ 50 centimètres, compliquant les manœuvres des bateaux et augmentant les risques d’échouage. Pour remédier à cette situation, une opération de dragage dotée d’une enveloppe de 716 millions de dinars a été inscrite au programme sectoriel de 2026. L’objectif est de rétablir une profondeur d’au moins deux mètres. Le délai contractuel annoncé pour les travaux est de 18 mois.
Au-delà de l’amélioration des conditions de navigation, cette opération doit contribuer à préserver le fonctionnement du port et à faciliter l’activité des professionnels. Ses effets concrets sur les conditions de travail des pêcheurs et les volumes débarqués devront être évalués au fur et à mesure de l’avancement du chantier.
La réalité économique de la filière se mesure également sur les étals. À Oran, Arzew et Kristel, les prix de certaines espèces évoluent en fonction des quantités débarquées, des conditions météorologiques et de la disponibilité du poisson.
À la fin du mois d’août 2025, les débarquements de poissons bleus avaient atteint 66 tonnes en une journée dans les différents ports de la wilaya, tandis que le volume enregistré depuis la seconde moitié du mois d’août s’élevait à 701 tonnes.
Cette abondance s’était accompagnée d’un recul du prix de la sardine, passé d’environ 1 200 dinars le kilogramme à une fourchette de 350 à 450 dinars sur les marchés. Ces chiffres correspondent à une situation ponctuelle observée en 2025 et ne constituent pas une indication des prix actuels.
Cet exemple illustre la sensibilité du marché aux variations de l’offre. Lorsque les débarquements augmentent, les prix peuvent diminuer ; à l’inverse, une baisse des captures ou des conditions de pêche défavorables peut réduire la disponibilité du produit et peser sur son prix de vente.

Filière régionale

À l’échelle de la wilaya, la pêche maritime s’inscrit dans une activité économique plus large, comprenant la commercialisation, le transport, la conservation et l’aquaculture. En 2025, la production annuelle des ports de pêche d’Oran et d’Arzew dépassait 8 800 tonnes, le poisson bleu représentant près de 80 % des captures mentionnées dans le bilan régional.
La même année, 16 opérations d’exportation ont porté sur près de 397 tonnes de produits halieutiques, principalement des mollusques et des crustacés. Ces données concernent l’ensemble de la wilaya et non le seul port d’Arzew.
Pour les professionnels, les enjeux dépassent donc les quantités débarquées. La qualité des infrastructures, les possibilités de conservation, les débouchés commerciaux et les fluctuations du marché interviennent à différentes étapes de la chaîne.
Le dragage du port constitue une réponse à un problème d’infrastructure identifié. Reste à mesurer ses effets sur la sécurité des embarcations et la continuité de l’activité. Sur le plan économique, l’évolution des prix et des revenus des pêcheurs nécessitera des données actualisées.
À Arzew, l’avenir de la pêche dépend ainsi autant de la préservation des conditions de navigation que de la capacité de la filière à assurer un approvisionnement régulier et à maintenir un équilibre entre l’activité des pêcheurs et le pouvoir d’achat des consommateurs.
O.A Nadir

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