Cinq mois après l’ordre de Tebboune : Les laboratoires de qualité en service à Alger

Cinq mois jour pour jour après l’instruction du président de la République de doter tous les ports et aéroports du pays de laboratoires de contrôle, deux de ces structures ont été inaugurées hier samedi à Alger. Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé les cérémonies d’ouverture du laboratoire d’analyse de la qualité aux frontières du port d’Alger, puis de celui de l’aéroport international de la capitale.

Ces deux réalisations donnent corps à la décision prise par Abdelmadjid Tebboune lors du Conseil des ministres du 7 juin 2026. Le chef de l’État avait alors chargé les ministères du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national et de la Santé de mettre en place et de gérer des laboratoires dans l’ensemble des ports et aéroports, afin de contrôler les produits destinés à la consommation. Il avait aussi précisé le partage des rôles. Le ministère du Commerce intérieur suit les produits de consommation, viandes sous toutes leurs formes comprises. Le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche se limite à la qualité des céréales, tous types confondus. Le président avait en outre ordonné la constitution d’équipes spécialisées, formées par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, chargées de contrôler les produits en cours de transport sur les routes. Elles agiraient sous la supervision du ministère du Commerce intérieur et en coordination avec les services de sécurité.
Dans la foulée, le gouvernement avait accéléré la cadence. Le 10 juin, Sifi Ghrieb présidait une réunion du conseil interministériel consacrée à la mise en place d’un système national intégré de contrôle des marchandises aux frontières. Un groupe de travail technique, placé sous l’égide des ministères de la Santé et du Commerce intérieur, avait été chargé de mutualiser et de rationaliser les ressources matérielles et humaines des laboratoires d’analyse et de contrôle de conformité du pays. Il devait aussi élaborer et appliquer des normes algériennes pour les produits importés destinés à la consommation locale. Le lendemain, la ministre du Commerce intérieur, Amel Abdellatif, et son homologue de la Santé avaient tenu une séance de travail conjointe, au cours de laquelle ils avaient adopté une méthodologie commune pour créer des laboratoires de contrôle de la conformité des produits importés, dotés d’équipements scientifiques modernes de haute précision.
Le dispositif s’appuie sur un premier jalon posé en novembre 2025. Le 24 de ce mois, Amel Abdellatif avait supervisé à Alger la livraison de huit laboratoires mobiles aux ports d’Alger, Annaba, Skikda, Jijel, Béjaïa, Oran, Mostaganem et Ghazaouet. Ces unités, équipées de technologies récentes, devaient renforcer le contrôle analytique des produits importés et réduire les délais d’analyse, en particulier pour les denrées périssables. Elles permettent notamment de détecter des résidus de pesticides, de produits chimiques et de polluants, avant la commercialisation des marchandises sur le marché national. Le chef du projet chargé de leur acquisition, Mohamed Khelifa, y voyait un « saut qualitatif » pour les analyses microbiologiques des produits importés.
Au terme de la cérémonie, le Premier ministre a souligné devant la presse l’importance de la contribution de ces deux laboratoires à la protection de l’économie nationale ainsi qu’à la santé et à la sécurité du citoyen. Il y voit un renforcement d’une économie fondée sur des bases scientifiques et modernes. Ces structures, a-t-il précisé, seront « une plus-value pour l’économie nationale » et la protégeront, puisqu’elles permettront de contrôler les marchandises en un temps réduit tout en facilitant leur circulation. Sifi Ghrieb a également salué la mobilisation des différents secteurs, qui ont concouru à la réalisation de ces infrastructures.
G. Salima

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