Filière des agrumes : La clémentine de Misserghine en quête de valorisation

Mondialement célèbre, issue du croisement de mandariniers et de bigaradiers, la clémentine de Misserghine a plus que jamais besoin d’une stratégie de valorisation de la filière des agrumes et de promotion des exportations.

Les efforts pour améliorer la production incluent l’agriculture intensive et le retour aux variétés locales. Mme Chelabi, chercheuse en sciences agronomiques, plaide pour une stratégie de promotion des exportations d’agrumes reposant sur plusieurs axes. «La filière d’agrumes a besoin de la mise en place d’organismes chargés de piloter la promotion des produits agricoles du terroir à l’international, en organisant des salons, des missions B to B et en développant une stratégie digitale adaptée», explique-t-elle. La chercheuse défend également l’idée «d’instaurer un contrat-programme entre l’État et les professionnels pour soutenir le développement de la filière, en favorisant l’investissement et la modernisation des infrastructures de production». Elle souligne aussi l’opportunité de l’exploration de marchés potentiels à l’export, comme le Brésil et la Russie.
Les agrumiculteurs locaux ont besoin de coopératives d’exportation visant à faciliter l’accès aux marchés internationaux, notamment vers les pays voisins et africains. Pour le moment, la Clémentine de Misserghine ne s’exporte qu’en France. Depuis fin 2019, environ 90 tonnes d’agrumes algériennes ont été ainsi exportées en France, selon le Conseil interprofessionnel de la filière des agrumes. Des efforts sont en cours pour développer la transformation industrielle des agrumes, ce qui pourrait également renforcer les capacités d’exportation.

La labellisation en retard

Le secteur des exportations attend également l’aboutissement du projet de labellisation de la clémentine de Misserghine dont l’élaboration d’un cahier des charges a pris du retard. La reconnaissance des produits agricoles est définie sur la base de quatre références, à savoir l’appellation d’origine, l’indice géographique, l’agriculture biologique et les labels agricoles de qualité. Des critères de qualité sont exigibles pour user d’un label sur un produit algérien «Origine Algérie Garantie» (OAG).
Une commission a été formée pour superviser ce processus, incluant des représentants d’institutions agricoles et universitaires. Ce cahier des charges, qui définira les standards de qualité, sera soumis au ministère de l’Agriculture. La labellisation vise à protéger et promouvoir ce fruit sur le marché international, facilitant ainsi son exportation.
Des agrumiculteurs de la wilaya d’Oran ont récemment lancé un appel au ministère de l’Agriculture et du Développement rural pour accélérer ce processus de labellisation qui permettra à la Clémentine de Misserghine d’obtenir le label IG (Indication géographique). L’officialisation se fera à travers un décret relatif aux procédures de certification et de contrôle des produits de terroir labellisés. Le laboratoire de recherche en biotechnologie et d’amélioration végétale de l’université d’Oran 1 conduit les procédures scientifiques pour appuyer ce dossier. L’indication géographique d’un produit du terroir répond à certaines exigences dont les conditions de production, notamment climatiques et environnementales, la conduite des cultures et le savoir-faire traditionnel qui doit être commun à l’ensemble du territoire concerné par ce label.
La clémentine de Misserghine présente différentes particularités allant de la coloration typique orangé-rouge à la teneur en jus élevée en passant par le bon équilibre sucre/acidité, le calibre moyen, le goût acidulé et l’absence de pépin. Une fois labellisée, la Clémentine de Misserghine sera protégée par l’Institut national algérien de propriété intellectuelle (INAPI) et par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).
G. Salima

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