Dossier Aïssiou : Offensive médiatique française en vue

Les deux chaînes françaises TF1 et France Télévisions s’apprêtent à consacrer une couverture favorable à Ayoub Aïssiou, condamné par la justice algérienne pour vol, dilapidation de deniers publics, blanchiment d’argent et financement d’entités à visée subversive, actuellement détenu en Espagne dans l’attente d’une décision sur son extradition.

Un battage médiatique montée en vue d’influencer la justice espagnole et qui confirme une fois de plus le rôle de Paris dans la protection systématique des personnes visées par la justice algérienne.
Ayoub Aïssiou, ancien homme d’affaires proche des cercles d’influence de l’ère Bouteflika et fondateur de la chaîne El Djazairia One, a été interpellé le 25 juillet à l’aéroport de Barcelone à son arrivée en provenance du Maroc, sur la base d’un mandat d’arrêt international émis en avril par un juge d’instruction du pôle économique et financier algérien. La demande d’extradition formelle a été transmise par voie diplomatique le 3 juin. Le 15 août, le juge Santiago Pedraz, de l’Audiencia Nacional, a rejeté sa demande de mise en liberté provisoire malgré des garanties financières présentées par sa défense, invoquant un risque de fuite ; la décision sur le fond de l’extradition est attendue en septembre.
C’est dans ce contexte qu’une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron et à Pedro Sánchez, publiée le 21 août par le Journal du Dimanche (journal appartenant à Bolloré), a effectivement réclamé la libération d’Aïssiou. Parmi ses vingt signataires figurent Boualem Sansal, gracié en 2025 par Alger, ainsi que des personnalités comme Arno Klarsfeld, Daniel Salvatore Schiffer ou Bernard Kouchner. Fait notable, 14 d’entre eux avaient déjà signé, en 2024, une lettre similaire en faveur de Sansal lui-même, ce qui alimente les interrogations sur la cohérence de cette mobilisation, dès lors qu’elle concerne un dossier de nature strictement économique et financière plutôt qu’une affaire de liberté d’expression. Cette initiative intervient cinq jours après la visite à Alger du Premier ministre espagnol, venu évoquer une hausse des volumes de gaz algérien transitant par le gazoduc Medgaz, ce qui a également nourri des lectures géopolitiques du dossier des deux côtés de la Méditerranée.
T. Feriel

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