École supérieure de Guerre: La feuille de route de Chanegriha

Le Général-Major Mohamed Ahmed Sayah a été officiellement installé hier samedi à la tête de l’École supérieure de Guerre (ESG), en remplacement du Général-Major Hamid Fekane. La cérémonie, a été présidée par le Chef d’état-major de l’ANP, le Général d’Armée Saïd Chanegriha, au nom du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

Établie à Tamentfoust (Bordj El Bahri), l’ESG est chargée de préparer les officiers supérieurs de l’ANP, sur une durée de deux ans, à assumer de hautes responsabilités d’état-major, de commandement et de direction. Créée en septembre 2005, elle constitue le premier établissement de ce type en Algérie — les formations de ce niveau étant, jusqu’alors, dispensées à l’étranger. Son cursus cible les officiers supérieurs à partir du grade de commandant et s’articule autour de la conception, de l’analyse, de la planification et de la conduite des opérations. L’école peut également accueillir des stagiaires étrangers, ce qui lui confère une vocation régionale affirmée.
Chanegriha lui-même avait qualifié l’ESG de « haut de la pyramide de l’appareil de formation militaire», lors d’une précédente cérémonie de sortie de promotion, soulignant les efforts déployés pour en faire un centre de recherche et de formation d’une élite militaire de haut niveau.
Dans son allocution, Chanegriha a tracé une feuille de route claire pour la nouvelle direction : adapter en continu les programmes pédagogiques aux mutations rapides de la conflictualité contemporaine, valoriser le retour d’expérience des officiers issus des unités de combat, et ériger l’école en « véritable force de proposition ».
Le discours de Chanegriha s’inscrit dans une lecture explicite de l’environnement sécuritaire. Il a évoqué une « bataille décisive » menée par l’ANP pour adapter ses forces « aux défis de la conjoncture actuelle, particulièrement à l’aune du contexte régional et international marqué par l’instabilité ». La formule, récurrente dans les allocutions du haut commandement, renvoie sans les nommer aux crises qui encerclent l’Algérie : le Sahel en recomposition permanente, la Libye fragmentée ainsi que les tensions au Moyen Orient.
G. Salima

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