Tribunal criminel ز15 ans de réclusion pour trafic de cocaïne
Trois personnes, dont un ressortissant malien, ont été récemment condamnées par le tribunal criminel d’Oran, à 15 années de réclusion pour une affaire portant sur le trafic de 35,3 kg de cocaïne.
Les faits remontent au 26 novembre 2023, lorsque les douaniers de Sougueur, wilaya de Tiaret, ont intercepté un véhicule suspect au niveau du point de contrôle de la RN23. La fouille a révélé une importante quantité de cocaïne dissimulée dans les portières.
Le chauffeur et principal mis en cause a expliqué que l’opération lui avait été proposée via WhatsApp par un certain M. Lahcene, de nationalité malienne, qui lui avait demandé de conduire une Toyota Hilux jusqu’à Alger en échange de 400 millions de centimes. Il aurait reçu une avance de 20 millions de centimes de la part d’un certain Azzedine, résidant à Adrar. Le trajet l’a conduit d’Adrar à Bordj Badji Mokhtar, puis jusqu’à la ville malienne d’Inafarak, où il a récupéré le véhicule et la cocaïne avant de revenir en Algérie. Pour éviter tout soupçon, il a repris la route avec son épouse et sa fille, mais le convoi a été intercepté par la douane.
Lors de son audition, l’épouse a affirmé ignorer le contenu du véhicule, ce que le principal prévenu a confirmé. Il a précisé que la cocaïne appartenait à M. Lahcene, ainsi qu’à A. Ould Tahar et A. Ould Bida. Les forces de sécurité se sont rendues au domicile de ces derniers, où 195 millions de centimes ont été saisis chez A. Ould Bida, tandis qu’un autre complice reste en fuite.
Le prévenu a reconnu avoir été impliqué dans le trafic de drogue entre 2011 et 2012, transportant d’importantes quantités de stupéfiants, souvent sous la surveillance d’hommes lourdement armés. Il a précisé que lui-même circulait avec un fusil d’assaut Kalachnikov. Il a expliqué que la cocaïne provenait du Maroc, transitait par la Mauritanie, le Mali, le Niger et le Tchad, afin de tromper les services de sécurité, et que ces opérations étaient supervisées par un certain Ch. Ould Tahar, un algéro-malien. La vérification de l’identité de certains suspects cités n’a cependant pas permis de les localiser.
Deux autres personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête, mais ont nié toute implication et ont été blanchies par le principal mis en cause. Devant le tribunal, ce dernier a maintenu ses déclarations tout en exonérant les deux autres prévenus. Il a également indiqué que la route empruntée par la cocaïne était similaire à celle de la drogue importée du Maroc, soulignant l’organisation et la violence des trafiquants dans le grand sud.
Le ministère public a insisté sur la gravité de ce trafic, qui menace la jeunesse et la stabilité nationale, et a requis la réclusion à perpétuité pour les mis en cause. La défense du principal prévenu a plaidé les circonstances atténuantes, tandis que les avocats des autres prévenus ont demandé leur acquittement.
Zemmouri L.
