Emigration clandestine : Des organisateurs condamnés
Six mis en cause, dont trois membres d’une même famille, ont comparu devant le tribunal criminel de première instance près la Cour d’Oran. Tous devaient répondre des griefs d’organisation d’émigration clandestine et de complicité.
À l’issue des délibérations, trois prévenus ont été acquittés et trois autres, contre lesquels la qualification d’émigration clandestine a été retenue, ont été condamnés à trois ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis.
Les faits remontent au début de l’année, lorsque les gardes-côtes ont intercepté une embarcation au large de la plage de Kristel. Malgré les injonctions d’arrêt et les tirs de sommation des forces navales, le conducteur du semi-rigide a refusé d’obtempérer, prenant la fuite.
Les gardes-côtes ont alors été contraints de tirer dans le moteur pour immobiliser le bateau. Une fois l’embarcation stoppée, trois jeunes gens ont été appréhendés. Confrontés aux faits, ces derniers ont affirmé n’être que de simples candidats à l’émigration en route vers l’Espagne, niant toute implication dans l’organisation du voyage.
À la barre du tribunal criminel, le principal accusé, Dj. Y., désigné comme le guide et l’organisateur de cette traversée, a réfuté les accusations portées contre lui. Le président de l’audience l’a toutefois confronté au téléphone portable saisi en sa possession, équipé d’une carte SIM uniquement fonctionnelle à l’étranger. Le magistrat est également revenu sur les ramifications internationales de ce réseau, évoquant un ressortissant espagnol chargé de recevoir les clandestins en Espagne — déjà cité dans une précédente affaire — ainsi qu’un ressortissant marocain.
Là encore, le prévenu a tout nié. Les deux autres accusés ont adopté la même ligne de défense, réitérant leur statut de simples passagers.
Le représentant du ministère public avait requis vingt ans de réclusion criminelle à l’encontre de l’ensemble des mis en cause. Les avocats des principaux accusés ont plaidé la requalification des faits en simple tentative d’émigration clandestine, tandis que la défense de la famille a sollicité l’acquittement.
Zemmouri L.
