Fibre optique Algérie-Niger: Un corridor pour redessiner la connectivité du Sahel

La mise en service de la liaison transsaharienne en fibre optique reliant l’Algérie au Niger suscite une attention particulière dans la presse africaine, qui y voit bien plus qu’une simple infrastructure technique. Plusieurs médias régionaux estiment en effet que ce projet dessine un nouveau corridor numérique stratégique au Sahel, tout en renforçant le positionnement de l’Algérie comme hub de connectivité vers l’international.
Le lancement officiel de la dorsale s’est déroulé à Assamaka, localité nigérienne frontalière, sous la présidence du ministre algérien de la Poste et des Télécommunications, Sid-Ali Zerrouki, et de son homologue nigérien, Hamani Kargné.
Analysant l’événement, la plateforme nigérienne « Sahel Voice » qualifie le raccordement d’Assamaka de tournant décisif dans la géographie numérique régionale, soulignant que l’accès à la bande passante internationale constitue désormais un levier d’influence majeur. Selon ce média, cette nouvelle artère offre au Niger un accès alternatif aux réseaux mondiaux et conforte la volonté d’Alger d’agir comme porte d’entrée numérique pour l’ensemble du Sahel. De son côté, le site « The African Tribune » insiste sur la portée stratégique du câble, notant qu’il permet de réduire la dépendance nigérienne vis-à-vis des voies de transit traditionnelles et d’ouvrir des perspectives économiques nouvelles pour les opérateurs de télécommunications. En raccordant le réseau nigérien à ses propres infrastructures, l’Algérie entend consolider son rôle de pôle régional au sud de ses frontières.
L’accompagnement technique algérien est également mis en avant par la plateforme sahélienne « AES Actu », qui rappelle que l’effort de l’Algérie dépasse le cadre de son territoire pour appuyer l’exploitation du réseau côté nigérien. L’accord conclu en septembre 2026 entre Algérie Télécom et Niger Télécom illustre cet engagement à travers la fourniture d’équipements de transmission sur le tronçon In Guezzam-Agadez, doté d’une capacité initiale de 100 gigabits. Pour sa part, la plateforme burkinabè « Faso Libre » estime que cette interconnexion contribue à rééquilibrer le paysage numérique et économique au Sahel en diversifiant les accès au haut débit. L’ensemble de ces analyses s’accorde sur le fait que la portée de cette infrastructure, au-delà du tronçon In Guezzam-Arlit-Agadez, réside dans son intégration à un vaste réseau régional reliant l’Algérie à plusieurs pays sahéliens, illustrant la démarche d’accompagnement et de co-développement portée par Alger dans la région.
Salima G

 

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