Incendies de juillet: Les indemnisations à partir de ce mardi

Près de 2 000 départs de feu recensés en un seul mois, six morts, et un délai de vingt jours entre la clôture des commissions d’évaluation et le premier retrait d’une décision d’aide en mairie : c’est ce chiffre qui résume, mieux que n’importe quel communiqué, la physionomie de l’indemnisation post-incendies version 2026.

Pour rappel, le mois de juillet 2026 a été particulièrement meurtrier pour le pays sur ce plan, la Direction générale de la Protection civile ayant dénombré près de 2 000 incendies ayant causé d’importants dégâts, des pertes de récoltes agricoles, des habitations brûlées, des surfaces forestières parties en fumée et six morts.
Le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports a annoncé jeudi dernier que les citoyennes et citoyens touchés par ces incendies pourront, à compter du 18 août, se rendre dans leur commune de résidence pour retirer leur décision d’octroi de l’aide de l’État. Selon le communiqué, cette étape intervient en exécution des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant la prise en charge des dégâts causés aux produits agricoles, aux habitations ainsi qu’au mobilier, aux équipements et aux appareils électroménagers. Les travaux des commissions d’évaluation, à la fois locales et nationale, ont été clôturés le 11 août, et les listes des sinistrés ainsi que celles des dégâts éligibles ont depuis été transmises aux secteurs concernés et aux walis pour exécution des décisions arrêtées.
Ce calendrier n’a rien d’improvisé. Dès le 21 juillet, sur instruction directe du président de la République, le ministre de l’Intérieur avait ordonné aux walis de lancer des opérations d’inventaire exhaustives sur l’ensemble des zones sinistrées. Six jours plus tard, le 27 juillet, le ministère s’était engagé publiquement à finaliser l’indemnisation de l’ensemble des victimes avant la fin du mois d’août. Entre-temps, une réunion de coordination avait rassemblé par visioconférence, le 28 juillet, les walis d’une quinzaine de wilayas touchées, de Jijel à Tlemcen en passant par Tizi Ouzou et Béjaïa, sous la présidence du ministre Saïd Sayoud, qui avait insisté sur la nécessité de conduire l’évaluation des dommages dans un cadre fondé sur la transparence, la sincérité et l’équité.
C’est ce dernier point qui donne tout son relief au parallèle avec le précédent le plus marquant de la dernière décennie : les incendies dévastateurs qui avaient ravagé la Kabylie en août 2021. Cette année-là, l’État avait réagi dans l’urgence en annonçant, le 16 août, l’octroi d’une allocation d’un million de dinars aux familles des victimes ainsi que l’installation d’une commission nationale d’évaluation et d’indemnisation. Mais la mécanique s’était ensuite révélée beaucoup plus lente et surtout beaucoup plus âpre sur le terrain : des ingénieurs et architectes du Contrôle technique des constructions avaient dû se déplacer village par village pour classer les habitations sinistrées en zones verte, orange ou rouge selon l’ampleur des dégâts, avant qu’une seconde commission ne détermine les sommes à verser.
Le contraste avec 2026 tient donc moins à la nature des dégâts, comparables dans leur diversité puisqu’ils recoupent là encore l’agricole, l’habitat et les biens meubles, qu’au tempo administratif. Là où 2021 avait vu l’indemnisation s’étirer sur des mois, voire une année, sans échéance officiellement fixée, le dispositif 2026 s’est donné dès l’origine un butoir clair, la fin du mois d’août, et l’a jusqu’ici respecté : vingt jours à peine séparent l’ordre d’inventaire du 21 juillet de la clôture des commissions le 11 août, elle-même suivie une semaine plus tard par l’ouverture des guichets communaux.
G. Salima

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