Incendies en Algérie: L’heure des premiers bilans

Près de 1 600 incendies en deux semaines, six morts, des dizaines de mailliers d’hectares partis en fumée et plus de 100 personnes hospitalisées : l’Algérie traverse depuis le 8 juillet l’un des épisodes de feux de forêt les plus sévères de ces dernières années, sous une canicule ayant dépassé localement les 48, voire 49 degrés.
Selon un premier bilan officiel du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports publié le 21 juillet, la Direction générale de la Protection civile a recensé un total de 1 437 incendies depuis le début de juillet, dont 465 feux de forêt ayant touché 35 wilayas et 972 feux de cultures agricoles et d’arbres sur 47 wilayas. Deux jours plus tard, la Protection civile et le ministère de l’Agriculture faisaient état d’un bilan actualisé de plus de 1 550 incendies dont 383 feux de forêt depuis le 8 juillet, tandis qu’un responsable de la cellule de communication de la Protection civile évoquait le même jour 1 619 incendies enregistrés depuis le début de la vague de chaleur, le 8 juillet, jusqu’au mercredi 22 juillet, un phénomène qu’il qualifiait d’« incendies de 6e génération » d’une ampleur inédite, tant par leur étendue géographique que par leur durée dans le temps.
Sur le seul plan humain, le ministère de l’Intérieur a confirmé six morts depuis le début du mois et plus de cent personnes hospitalisées, dans un contexte de canicule sévère où les températures ont localement dépassé les 47°C, avec des pointes signalées jusqu’à 49°C.
Un responsable du ministère a expliqué que la saison actuelle se caractérise par des conditions exceptionnelles, avec des pluies abondantes ayant favorisé la croissance de la végétation avant que les fortes chaleurs ne transforment cette biomasse en combustible, une dynamique aggravée par le réchauffement climatique et les températures élevées, qui ont contribué à accroître les risques d’incendies. Le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, a par ailleurs annoncé l’ouverture d’enquêtes pour déterminer l’origine de plusieurs départs de feu, alors que quatre présumés pyromanes ont été arrêtés à l’Est du pays.
« Incendies de 6e génération »
Les zones les plus touchées se concentrent dans le Nord et le Nord-est du pays, notamment à Béjaïa et Tizi Ouzou et dans la région d’Annaba, où le président Tebboune a chargé Sayoud de se rendre sur place pour suivre sur le terrain les opérations d’extinction des feux à Seraïdi, secteur où une véritable catastrophe a été évitée de justesse. La wilaya d’El Taref, frontalière de la Tunisie et dotée de massifs forestiers denses, a elle aussi connu une reprise des flammes attisée par le vent.
Face à l’ampleur de la crise, le chef de l’Etat a instruit à plusieurs reprises l’envoi de délégations gouvernementales pour présenter les condoléances de l’État aux familles endeuillées et a donné des instructions aux autorités locales pour accélérer le recensement des différents dommages et pertes, afin de permettre à l’État de procéder à l’indemnisation des sinistrés avant la prochaine rentrée sociale. Saïd Sayoud, a affirmé, dans la nuit de jeudi à vendredi dans la wilaya de Sétif, que l’indemnisation couvrira l’ensemble des volets, notamment les pertes liées aux récoltes agricoles ainsi que les dégâts causés aux habitations, aux mobiliers et aux autres biens.
Par ailleurs, une caravane de solidarité humanitaire et médicale au profit des sinistrés a été lancée. Elle comprend des vêtements, des couvertures, des colis alimentaires et des équipements médicaux, tels que des fauteuils roulants et des tensiomètres. En outre, le chef de l’État a adressé un message de reconnaissance aux agents de la Protection civile, saluant leur héroïsme dans la lutte contre les incendies.
La crise a également suscité des messages de soutien de pays partenaires. L’Égypte ainsi que l’Irak ont exprimé leur pleine solidarité avec l’Algérie face à ces drames.
T. Feriel
