Les journées les plus chaudes s’installent : L’Algérie face aux « Smaïm »

 

Depuis le 8 juillet, l’Algérie a enregistré 1.850 incendies, dont 1.838 ont été maîtrisés par les services de la Protection civile, soit un taux dépassant les 97 %, un bilan qui donne la mesure de ce que les autorités ont qualifié d’épisode d’une ampleur inédite.

C’est dans ce contexte que le pays entre, depuis le 25 juillet, dans la période des « Smaïm », traditionnellement considérée comme la plus chaude de l’année dans le calendrier populaire maghrébin, une période qui s’étend généralement jusqu’à la fin du mois d’août et qui se caractérise par des températures élevées, un air sec et un risque accru de feux de forêt.
La vague de chaleur qui a déclenché cette flambée d’incendies remonte au 12 juillet, et selon l’Office national de la météorologie, elle traversait le pays d’ouest en est, maintenant les citoyens sous un mercure suffocant pendant près de deux semaines, avec des pointes ayant parfois frôlé la barre extrême des 49 °C. Plusieurs bulletins météorologiques spéciaux se sont succédé durant cette période, plaçant tour à tour en vigilance orange puis rouge des wilayas du littoral, des Hauts-Plateaux et du Sud : Béjaïa, Jijel, Skikda, Annaba et El Tarf ont ainsi connu des maximales oscillant entre 40 et 44 °C, avec des pointes locales pouvant atteindre 45 à 46 °C, tandis que Biskra, Ouled Djellal, El Meghaier, Touggourt et El Oued ont vu le thermomètre atteindre ou dépasser 49 °C dans la journée et 36 °C dans la nuit. Ce n’est que depuis le 24 juillet que l’ONM a annoncé un retour progressif à des températures plus conformes aux normales de saison sur une large partie du Nord du pays.
Cette canicule prolongée a nourri une saison des feux hors norme. Le ministère de l’Intérieur a fait état, dès le 21 juillet, de six morts recensés depuis le début de juillet dans les incendies de forêt, pour 1437 départs de feu au total depuis le 1er juillet, dont 465 feux de forêt, un bilan aggravé par des températures ayant localement dépassé les 47 °C. Face à cette situation, l’État a déployé des moyens considérables : plus de 19 000 agents de la Protection civile mobilisés, appuyés par l’armée et des moyens aériens, tandis que l’ANP apportait désormais systématiquement son soutien aérien lors des épisodes critiques.
Ces derniers jours ont toutefois marqué une nette accalmie : le week-end des 25 et 26 juillet a vu les bilans quotidiens refluer sensiblement, avec par exemple 72 incendies éteints sur les 80 enregistrés en 24 heures selon le dernier point communiqué par la Direction générale de la Protection civile, contre plusieurs centaines de départs de feu par jour au plus fort de la crise.

Du 25 juillet à fin août

La Protection civile impute cette décrue à la baisse des températures et à la disparition du dôme de chaleur, ainsi qu’à l’arrivée de pluies et d’averses orageuses dans certaines régions, notamment à Souk Ahras.
Si le front des incendies semble en voie de maîtrise, la vigilance reste de mise à l’entame des «Smaïm», car la combinaison de la chaleur, de la sécheresse des sols et des vents continue de favoriser tout départ de feu, en particulier dans les massifs forestiers très fréquentés en cette période estivale. Les services de la Protection civile rappellent que les fortes chaleurs augmentent également les risques individuels de déshydratation, d’insolation et de malaises, en particulier chez les personnes âgées, les enfants et les personnes souffrant de maladies chroniques, qu’il s’agisse des estivants affluant vers les plages du littoral ou des habitants des régions intérieures et du Sud.
Les médecins rappellent qu’une exposition prolongée au soleil peut provoquer une fatigue intense, des maux de tête, des vertiges, des crampes musculaires ou encore un coup de chaleur, qui constitue une urgence médicale, les nourrissons, les femmes enceintes, les travailleurs en extérieur et les personnes atteintes de maladies chroniques figurant parmi les catégories les plus vulnérables. Pour réduire ces risques, il est recommandé de boire régulièrement de l’eau même sans sensation de soif, d’éviter les déplacements entre 11 h et 16 h, de porter des vêtements légers et de couleur claire ainsi qu’un couvre-chef lors des sorties, de privilégier une alimentation riche en eau comme la pastèque, le melon ou les concombres, et d’éviter tout effort physique durant les heures les plus chaudes ; il est enfin fortement déconseillé de laisser des enfants, des personnes âgées ou des animaux dans un véhicule stationné, même quelques minutes.
Si juillet demeure statistiquement le mois le plus chaud de l’année, août conserve généralement des températures élevées tout en se distinguant par un raccourcissement progressif des journées, amorçant la transition vers la fin de la saison estivale. Après trois semaines de mobilisation intense contre les flammes, les services concernés continuent d’appeler à la prudence, tant sur le plan sanitaire que sur celui de la prévention des incendies, pour préserver la santé des citoyens et le patrimoine forestier national jusqu’à la fin de cette période des « Smaïm ».
G. Salima

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